vendredi 12 décembre 2008

Baiser la terre


Vis le feu et l'eau
La mouvance et la résistance
La pression et le mouvement
L’écriture et la photographie

Cherche
La respiration
Sachant
A nouveau
Qu’aucun bouche à bouche

La bouche se casse dans la nuque
Le coup fort
La résistance
Résister à la résistance
Aussi
Chercher l’élasticité
La possibilité d’une voix

Qui ne sera
Encore
Que cri

Convulsion
Rétention du cri
De la convulsion

Asphyxie
Brouillard
Déliquescence
Descente

Vers la terre
Qui sans cesse
Se retire

M’envoie en l’air
Dans les montgolfières
Du néant

Baiser la terre


De ma bouche à genoux





Besar la tierra

Vivo el fuego y el agua
Lo movedizo y la resistencia
La presión y el movimiento
La escritura y la fotografía

Busco
La respiración
Sabiendo
De nuevo
Que ningún boca a boca

La boca se rompe en la nuca
El golpe fuerte
La resistencia
Resistir a la resistencia
También
Buscar la elasticidad
La posibilidad de una voz

Que no será
Otra vez
Más que grito

Convulsión
Retensión del grito
De la convulsión

Asfixia
Niebla
Delicuescencia
Bajada

Hacia la tierra
Que sin parar
Se retira
Me manda por el aire

En las mongolfieras
De la nada

Besar la tierra

De mi boca de rodillas



dimanche 30 novembre 2008

Connaître


J’étais dans nos chairs.
J’étais deux.
Je t’aimais.
Te cherchais.
Te trouvais.
Tu étais là.
Accroché à ma bouche.
A mon souffle.
Comme moi à la tienne.
Au tien.

J’étais ivre.
Ivre de vivre.
Par toi.
Naître.
Cesser de n’être.
Dans.
La naissance des chairs.
Qui se sauvent.
Se pansent.
Connaissent.

Je ne connais que toi.

A cette heure de naissance,
je ne connais que toi.




Conacer

Estaba en nuestra carne.
Era dos.
Te amaba.
Te buscaba.
Te encontraba.
Estabas.
Enganchado a mi boca.
A mi aliento.
Como yo a la tuya.
Al tuyo.

Estaba ebria.
Ebria de vivir.
Por vos.
Nacer.
Cesar de no ser.
Adentro.
El nacimiento de las carnes.
Que se salvan.
Se conocen.
Conacen.

Sólo te conozco a vos.

En esa hora de nacimiento,
sólo te conozco a vos.

dimanche 16 novembre 2008

Mar adentro

A Lara,

Ella escribe la vida como nadie,
porque le tiene miedo a la mezcla
de las palabras con el dolor.

Ella prepara comida cuando escribe.
Le da de comer al mundo entero
con sus metáforas de boca agua.

La otra no sabe escribir la vida,
porque de momento le cuesta demasiado
intentar vivir.
Le duele tanto
que no puede hacer esa comida rica
con esas palabras
que sólo le sirven
a quitarle
el sitio al dolor.

De momento las palabras son armas
para arrancar y escupir.
De momento no puede más
que extraer la nostalgia.

Vomita.
Vomita todo lo que la ahoga
desde adentro.
Vomita el miedo y el odio.
La ausencia.

Quisiera volar como ella.
Fabricar tantas cometas como hace ella.
Brindarle al mundo la sal del mar.

Pero se ahoga.
Le falta la sal.
Y deja la boca abierta.
En medio del océano.

Debajo, silencio. Paz.
El azul del origen.
Debajo, ya no habla nadie.
Callan las voces de los demás
que la atormentan desde dentro
del cerebro.

Debajo, luz. Más tenue.
Menos dolorosa. Una guía.
La guía de lo otro. Lo pacífico.
Lejos.

Debajo, aire. Se siente.
Se ve. Las búrbujas exhaladas.

Debajo se vive más.
Se sabe que se está viviendo.

Debajo está ella también,
a pesar de que la sal le pique los ojos
y no los pueda abrir.

La otra mira para ella.
La otra la mira a ella.
Y le da paz.

Ella,
el azul del mar.






Dedans la mer

A Lara,

Elle écrit la vie comme personne,
parce qu’elle a peur du mélange
des mots et de la douleur.

Elle fait la cuisine quand elle écrit.
Elle fait à manger pour le monde entier
avec ses métaphores qui mettent l’eau à la bouche.

L’autre ne sait pas écrire la vie,
parce que pour l’instant c’est trop difficile
que d’essayer de vivre.
Ca lui fait si mal
qu’elle ne peut pas préparer ce bon repas
avec ces mots
qui ne lui servent
qu’à enlever la douleur
de sa place.

Pour l’instant les mots sont des armes
pour arracher et cracher.
Pour l’instant elle ne peut
qu’extirper la nostalgie.

Elle vomit.
Elle vomit tout ce qui l’étouffe
depuis l’intérieur.
Elle vomit la peur et la haine.
L’absence.

L’autre voudrait voler comme elle.
L’autre voudrait fabriquer autant de cerfs-volants qu’elle.
Trinquer avec le monde le sel de la mer.

Mais l’autre se noie.
Elle manque de sel.
Et elle garde la gueule ouverte.
Au milieu de l’océan.

Dessous, silence. Paix.
Le bleu de l’origine.
Dessous, plus personne ne parle.
Les voix des autres qui la torturent
depuis l’intérieur de son cerveau
se taisent.

Dessous, lumière. Plus ténue.
Moins douloureuse. Un guide.
Le guide de l’autre. Pacifique.
Loin.

Dessous, aire. Se sent.
Se voit. Les bulles exhalées.

Dessous, plus de vie.
On sait qu’on est en train de vivre.

Dessous elle est là aussi
même si le sel lui pique les yeux
et qu’elle ne peut pas les ouvrir.

L’autre regarde pour elle.
L’autre la regarde.
Et ça l’apaise.

Elle,
le bleu de la mer.

vendredi 17 octobre 2008

Respiration artificielle



Dès qu’il y a un violon
Oui, dès qu’il a un violon
Ou un bandonéon, aussi
Ca déchire
Ca crie
Pleure
Dedans
Dehors
Tout ce qui est tu
Jeté
La voix débâillonnée
La chair crue
Internée
Exhumée

Hija de la locura –Fille de la folie
–oui
Fantasma
Fantôme ou phantasme
Fantasmagorie
Le rêve confondu avec le sommeil
Sueño
No concilio sueño, nunca –Je ne trouve jamais le sommeil/rêve

Le bandonéon dit un autre violon
Ca violente
Sa violence
Ca commence
Par là
Toujours
Le sang
La guerre
La disparition
Buenos Aires

Le bouche à bouche
Pour l’enfant
Qui peine à naître
Pour la femme
Qui a commencé
Par n’être

Respiration artificielle
Au milieu des voisins chiens
De la Boca
La bouche du port

La danse violente
Viole
Lente
Les corps ravagés
Par l’exil

L’autre bout
De rien
L’océan
Pas Pacifique, Atlantique

La Conquête
De la destruction
De l’avant

L’avant nous
Qui sommes
Ceux qui ne savent

Rester
Continuer
Aimer





Respiración artificial

En cuanto hay un violín
Sí, en cuanto hay un violín
O un bandoneón, también
Desgarra
Grita
Llora
Adentro
Afuera
Todo lo callado
Echado
La voz desamordazada
La carne cruda
Internada
Exhumada

Hija de la locura

Fantasma
Fantasma –del pasado– o fantasma –reprimido
Fantasmagoría
El sueño confundido con el sueño
Sueño
No concilio sueño, nunca

El bandoneón dice otro violín
Violenta
Su violencia
Empieza
Por acá
Siempre
La sangre
La guerra
La desaparición
Buenos Aires

El boca a boca
Para la niña
A quien le cuesta nacer
Para la mujer
Que empezó
Por no-ser

Respiración artificial
En medio de los vecinos perros
De la Boca
La boca del puerto

El baile violento
Viola
Lento
Los cuerpos desgastados
Por el exilio

El otro lado
De la nada
El océano
No Pacífico, Atlántico

La Conquista
De la destrucción
De lo de antes

Lo de antes de nosotros
Que somos
Los que no saben

Permanecer
Seguir
Amar

lundi 6 octobre 2008

Nos peaux


Tais-toi
Méfiance
Gardons le souvenir
En silence
De notre ami
Des mots-maux

Se méfier, oui
Déjà dit, écrit

Soyons petits
Sans parole

Toi et moi

Tous deux les connaissons trop bien
Ceux
Qu’on ne peut écrire
Tant ils sonnent fort

Un seul rempart
Pour l’instant

Ta peau

Tais-toi

Tais-toi
Ta peau aura toujours raison
Tais-toi
Jamais tu ne seras à la hauteur

De
Ta peau

Devant toi
Devant moi
Nous devance
M’appelle
Me panse

Tais-toi
N’écoute qu’elle

Pas même l’humour

Lui aussi badine trop
Avec
L’Autre
La plaie
La grande
L’Intelligence

Bien sûr qu’elle nous subjugue
Bien sûr qu’elle aura toujours raison de nous
Bien sûr que nous n’en réchapperons pas
Ne nous en relèverons pas

La blessure
Impansable

Alors
A sa lueur aveuglante
Juste
J’aspire
A
Ta peau

Aucune autre, tu le sais bien
La tienne, dans la bataille aussi

Contre l’Autre

J’appelle ta peau, pour l’heure
Je n’appelle qu’elle

Le seul pansement

Ta peau
Seule
A pouvoir
Nous sauver
De l’autre superficie
Abyssale
Insaisissable

Saisissons-nous par la peau

Le risque n’est pas là
Pour nous


L’Autre

Rôdera toujours
Au-dedans
De nous-mêmes
Esseulés

Prends nos peaux

Fuyons

Sauvons nos peaux


(Palermo, Buenos Aires)

Nuestras pieles


Callate
Desconfianza
Mantengamos el recuerdo
En silencio
De nuestro amigo
De los «mots-maux» (palabras-males)

Desconfiar, sí
Dicho ya, escrito

Seamos pequeños
Sin palabra

Vos y yo

Ambos los conocemos demasiado
A esos
Que no se pueden escribir
De tan fuerte que suenan

Una sola muralla
Por el instante

Tu piel

Callate

Callate
Tu piel siempre tendrá razón
Callate
Nunca estarás a la altura

De
Tu piel

Delante de ti
Delante de mí
Se nos adelanta
Me llama
Me cura

Callate
No escuchés más que ella

Ni siquiera el humor

También liga demasiado
Con
La Otra
La llaga
La grande
La Inteligencia

Claro que nos subyuga
Claro que siempre nos podrá
Claro que no escaparemos de ahí
No nos levantaremos

La herida
Incurable -Impensable

Por eso
A su lumbre cegadora
Sólo
Aspiro
A
Tu piel

Ninguna otra, ya sabés
La tuya, en la batalla también

Contra la Otra

Llamo a tu piel, por ahora
No llamo más que a ella

No hay más que ella
La única cura-pensamiento

Tu piel
Sola
Pa’ poder
Salvarnos
De la otra superficie
Abisal
Intangible

Agarremonos por la piel

El riesgo no está acá
Para nosotros

La Otra
Siempre rondará
Adentro
De nosotros mismos
Desolados

Coge nuestras pieles

Huyamos

Salvemos nuestras pieles



mardi 30 septembre 2008

Tes yeux de chair



Ouvrir mes yeux
Tu voulais ouvrir mes yeux

Ouvrir mes yeux
Sur toi
Qui me voit, me cherche, me sait

Ouvrir mes yeux
Sur toi
Qui es là

Ouvrir mes yeux pour me dire
« N’aies plus peur »

N’aies plus peur
De ceux

D’avant
Qui crèvent
Dans ta tête

Je
Vis



Dans ton ventre

Regarde !
Je vis dans ton ventre !

Ta tête n’existe pas

Sans tes yeux
Je n’existe pas

Donne-moi tes yeux

Ils me manquent
Tu me manques
Je suis là

Mais

Ne me manque pas

Ouvre les yeux
Le cauchemar est

Dans ta tête
Aux volets fermés

Seulement

Ouvre les yeux
La réalité rêve
Danse
Je suis sorti de ta tête

Regarde !
Avec tes yeux de chair
Ouverts

Regarde !
C’est pas un jeu

Je
Suis
Devant tes yeux
Arraché à ta tête solitaire et phantasmatique

Regarde, regarde !

Je
Te
Souris


Devant toi
Avec toi
En toi




(San Telmo, Buenos Aires)

Tus ojos de carne

Abrirme los ojos
Querías abrirme los ojos

Abrirme los ojos
Sobre vos
Que me ve, me busca, me sabe

Abrirme los ojos
Sobre vos
Que estás

Abrirme los ojos para decirme
“No tengás más miedo ”

No les tengás más miedo
A esos
De antes
Que se matan
Dentro de tu cabeza

Yo
Vivo

Acá

En tu panza

¡Mirá!
¡Vivo en tu panza!

Tu cabeza no existe

Sin tus ojos
No existo

Dame tus ojos

Los extraño
Te extraño
Estoy acá

Pero

Que no me extrañés

Abrí los ojos
La pesadilla está
En tu cabeza
De persianas cerradas

Sólo

Abrí los ojos
La realidad sueña
Baila
Yo salí de tu cabeza

¡Mirá!
Con tus ojos de carne
Abiertos

¡Mirá!
Que no es un juego

Yo
Estoy
Delante de tus ojos
Arrancado a tu cabeza solitaria y fantasmagórica

¡Mirá, mirá!

Yo
Te
Sonrío
Acá

Delante tuyo
Con vos

Dentro tuyo


vendredi 19 septembre 2008

Toi sel


Ce soir
Je dors
Dans
Le sel
De la mer

Parce que je t'attends

Pas amère
Tout à toi



Tú sal

Esta noche
Duermo
En
La sal
Del mar

Porque te estoy esperando

No amargada
A ti entera

samedi 13 septembre 2008

Sur la roche



Qu’on m’ampute
Qu’on me l’arrache

La tête

Un corps
Juste un corps

Danser

Danser sans fin
Sur la roche

La chair

A chaque instant danser sur la roche
Comme ce soir
Jusqu’à en crever
En renaître

Sans tête
Sans tête

Fondre
Avec la roche
Chaude
Collée au ventre
Tout près

De l’abîme

Les orteils
Seuls
Face au vide

Ne plus parler
Jamais
Muette
A nouveau

Matière
Mordre

Ce qui court
Salit
Jaillit

J’voudrais pas crever par la tête
Par le ventre
En transe sur la pierre brulante
Face au précipice de la ville
A l’horizon

J’voudrais pas m'relever
Rester à terre
Entière

Pas enterrée
En terre

Dedans

La lave

Du centre






Sobre la roca

Que me amputen
Me la arranquen

La cabeza

Un cuerpo
Un cuerpo no más

Bailar

Bailar sin fin
Sobre la roca

La carne

En cada instante bailar sobre la roca
Como esta noche
Hasta morir
Renacer

Sin cabeza
Sin cabeza

Fundirse
Con la roca
Cálida
Pegada al vientre
Muy cerca


Del abismo

Los deditos de pie
Solos
Frente al vacío

Dejar de hablar
Para siempre
Muda
De nuevo

Materia
Morder

Lo que corre
Ensucia
Estalla

No quisiera morir por la cabeza
Por el vientre
En transe sobre la piedra ardiente
Frente al precipicio de la ciudad
En el horizonte

No quisiera volver a levantarme
Permanecer por tierra
Entera

No enterrada
En tierra

Adentro

La lava

Del centro




dimanche 17 août 2008



L'absence
Danse
Dans le silence




La ausencia
Baila
En el silencio


vendredi 25 juillet 2008

La glace sur la vodka



Je n'attendais rien

De toi
J'attendais tout
De toi

Pas de rôle
Pas de certitude
Prête à l'inattendu
Cher inconnu
Prête à ton humanité
Seule en scène

Mais hors d'elle
Qu'apparaître
Dissimulation

Sur elle
Le sang chaud
Les tripes
L'amour

Dehors
Sang froid
Les mille carapaces
Le jeu du plus fort
La haine

Force qui n'est pas
Cachette
Quand la scène
L'ivresse
La vraie
Le risque de la fragilité
La force à l'état brut

Le réél qui vainc l'imaginaire
Au-delà
Où ça s'arrête
L'inattendu du désespoir
La fin

Je n'ai vu ni ta faim ni ta soif
Ni ta folie ni ta tendresse

Aucun don Juan
Le Commandeur
Aucun don Quichotte
Un aristocrate

Qu'as-tu dit?
Bu?
As-tu vu?
Senti?

Rien

Il ne reste rien

Que la fin

Du sang chaud

Un téléfilm de mauvais goût
Un mort qui fait l'amour
Le jeu d'échec de la Jet Set
La glace sur la vodka

J'irai chercher l'ivresse
Ailleurs






El hielo sobre el vodka


No esperaba nada
De vos
Lo esperaba todo
De vos

Ningún papel
Ninguna certeza
Dispuesta a lo inesperado
Querido desconocido
Dispuesta a tu humanidad
Sola en el escenario

Mas fuera de él
Sólo aparecer
Disimulo

En él
La sangre caliente
Las tripas
El amor

Fuera
Sangre fría
Los mil caparazones
El juego del más fuerte
El odio

Fuerza que no es
Escondite
Cuando el escenario
La embriaguez
La auténtica
El riesgo a la fragilidad
La fuerza en estado bruto

Lo real vence a lo imaginario
Más allá
Donde se para
Lo inesperado de la desesperanza
El fin

No vi ni tu hambre ni tu sed
Ni tu locura ni tu ternura

Ningún don Juan
El Comendador
Ningún don Quijote
Un aristócrata

¿Qué dijiste?
¿Bebiste?
¿Algo viste?
¿Sentiste?

Nada

No queda nada más

Que el fin

De la sangre caliente

Una telenovela de mal gusto
Un muerto haciendo el amor
El ajedrez de la Jet Set
El hielo sobre el vodka

Iré a buscar la embriaguez
Por otra parte




dimanche 20 juillet 2008

Danse dense


"Tout ange est terrible", Rilke


Il n'y a pas d'ange
Mon ange

L'enfance
Arrachée
A elle-même

Où?

Là où ça s'écrit
Loin
Du désert
De l'absence

Il y a
Ailleurs

Où tu écris
A côté
Juste à côté de toi
Ceux qui t'offrent l'encre

L'encre
Qui t'ancre

Où tu es
Déjà
Depuis toujours
Même si

Ca t'échappe

Nulle part
Tu restes
Toujours

L'évadée
Illusoire
En elle
Tout
S'écrit
Danse

Dans l'encre
De la chair
Du bois
Sous toi

La solitude
Un mirage
Le palais de glace
Fond
Au soleil
De ta chair
D'encre dense

Ton écriture dense

Toi

Danse

Dense





Danza densa

"Cada ángel es terrible", Rilke

No hay ángel
Mi ángel

La infancia
Arrancada
A sí misma

¿Dónde?

Donde se escribe
Lejos
Del desierto
De la ausencia

Hay
En otra parte
Acá
Donde escribís
Al lado
Justo al lado tuyo
Los que te brindan la tinta

La tinta
Que te ancla
Acá
Donde estás
Ya
Desde siempre
Igual si

Se te escapa

En ninguna parte
Te quedás
Siempre

La evadida
Ilusoria
En ella
Todo
Se escribe
Danza

En la tinta
De la carne
De la madera
Debajo de vos

La soledad
Un espejismo
El palacio de hielo
Se derrite
Al sol
De tu carne
De tinta densa

Tu escritura densa

Vos

Danza

Densa




mardi 1 juillet 2008

Ailleurs-là




Ailleurs
Où?
Nulle part, mais ailleurs
Toujours ailleurs

Même si ailleurs
Jamais toujours
La fuite
L'autre côté

Le jeu de dupes
Le place de l'autre
La confusion des genres

Tu es trop belle
Tu es au-delà
Tu n'es pas là

Tu es mon ailleurs
Tu es l'ailleurs
Tu n'es pas ailleurs

Tu n'es nulle part
Tu n'es pas
Je n'peux pas t'aimer

Un ange

C'est fini

Le feu
Des larmes

Aterrir

Lalala
Une chanson
Une image
Toi
La présence

Partir

Pas ailleurs

Où tu es
Je suis
Je

Le maître du jeu
A sa place
Est
Et te dit
Sans le dire
L'indicible
Ton chemin

Ouvre
Tout
Tout de toi
A venir

Déjà
Au delà
Malgré
Toi

N'aies pas peur
L'indicible
Que je te dis
N'est rien
Que toi

Tu es folle
Arrête
Enfin non, surtout pas
Tu es autre
La surprise
Mon au-delà
Toi

Infinie
Tu es infinie
Pas impossible
Seulement
Infinie

Tu n'es pas ailleurs
Tellement là
Vue
Je t'ai vue
Ici

Reste
Attends
L'essentiel
Ton inattendu




Fuera-acá


Fuera
Dónde?
En ninguna parte, pero fuera
Siempre fuera

Igual si fuera
Nunca siempre
La huída
El otro lado

El juego de los tontos
El lugar del otro
La confusión de los géneros

Sos demasiado linda
Sos más allá
No estás

Sos mi fuera
Sos lo fuera
No estás fuera

No estás
No sos
No te puedo amar

Un ángel

Se acabó

El fuego
De las lágrimas

Aterrizar
Acá
Lalala
Una canción
Una imagen
Vos
La presencia

Irse
Acá
No afuera
Acá
Donde estás
Estoy
Yo

El maestro del juego
En su lugar
Está
Y te dice
Sin decirlo
Lo indicible
Tu camino

Abrí
Todo
Todo de vos
Por venir
Acá
Ya
Más allá
A pesar de
Vos

No tengás miedo
Lo indicible
Que te digo
No es más
Que vos

Sos loca
Pará
No, no te parés, para nada
Sos otra
La sorpresa
Mi más allá
Vos

Infinita
Sos infinita
No imposible
Sólo
Infinita

No estás fuera
Tan acá
Vista
Yo te vi
Acá

Quedate
Esperá
Lo esencial
Tu inesperado




mardi 17 juin 2008

L'entorse Duras



Et Duras ?

Une autre vielle. Ravagée. L'alcool.
Défendue. La folie.

Beauvoir c'est mieux.
Pour les béquilles, Beauvoir c'est mieux.

Pas pour danser.

Beauvoir c'était quand les béquilles.
Quand pas même la Pacha.
Beauvoir.
Voir. Voir. Voir.
Aveuglée.
A la superficie de la théorie.

Duras. Dure. La douleur. Boire. Le feu.
R'garder bien en face. Dedans.
La saveur amère qui jamais n'en finira de se vomir.

Sauf si l'amant.
La prendre à bras le corps.
L'amant de Cholen qui a lavé et rempli
La petite fille blanche au chapeau d'homme.

Duras. Dure. La douleur. La chute. L'entorse.

Duras est mon entorse.

La cheville du possible.


(Photo de Georges Paramon)

El esgince Durás

Y Durás?

Otra vieja. Desgastada. El alcohol.
Prohibida. La locura.

Beauvoir es mejor.
Para las muletas, Beauvoir es mejor.

Para bailar, no.

Beauvoir era para cuando las muletas.
Cuando ni siquiera la Pacha.
Beauvoir -ver lindo.
Ver. Ver. Ver.
Ciega.
A la superficie teórica.

Durás. Duro. El dolor. Beber. El fuego.
Mirar bien a la cara. Adentro.
El sabor amargo que nunca terminará de vomitarse.

Salvo si el amante.
Para agarrarlo por el cuerpo.
El amante de Cholén que limpió y llenó
A la niña blanca del sombrero de hombre.

Durás. Dura. El dolor. La caída. El esgince.

Durás es mi esgince.

El tobillo de lo posible.


jeudi 12 juin 2008

Deja que me meta en el mar



Callate

Callate ya
Por favor

Deja que hable

El mar

Deja que sólo él

Por el momento me hable

Pará
Que sólo puedo escuchar su voz
Pará ya


Que me meto

Yo
En él

Ahora




Laisse-moi pénétrer la mer


Tais-toi

Tais-toi, s'il te plaît
Ca suffit

Laisse parler
La mer

Laisse qu'elle soit seule
A parler pour l'instant


Arrête
Il n'y a que sa voix que je puisse écouter
Arrête, je te dis

C'est moi
Qui vais
En elle


Maintenant


jeudi 5 juin 2008

Agua





Comme si l'imaginaire appelait le réel





Como si lo imaginario llamara lo real


"La primera ventaja es que
cuando el cuento llega al final
no se acaba. Sino que se cae por
un agujero y el cuento reaparece
en mitad del cuento.
Esta es la secunda ventaja,
y la más grande. Que desde aquí,
se le puede cambiar el rumbo.
Si tú me dejas. Si me das tiempo."

Julio Medem, Lucía y el sexo


"Le premier avantage, c'est que
quand l'histoire arrive à la fin, elle
ne finit pas. On tombe dans
un trou et l'histoire réapparaît
au milieu de l'histoire.
Le second avantage, et le plus
grand, c'est ça : à partir de là,
on peut en changer le cours.
Si tu me laisses faire.
Si tu me donnes du temps."


mercredi 28 mai 2008

Dans la bouche de ces yeux



Suspendu au désir
Totalement présent
Dans la confiance
De la force de sa présence

Une inconnue
Qui depuis le début
N'était
Qu'une vieille connaissance

Une scène
Qui transperce l’enveloppe
L’être fragile et féroce
La complicité qu'on ne peut taire

Attaché au désir
De l’évidence
De la chair
Qui n’ose se savoir

Une vieille connaissance
Dans une cave
Comme il se doit
A l’ombre des cuivres

L’ivresse dans les mains
De la musique
Pour dormir
Ensemble

Rien ne se doit
Car tout est déjà
Dans la bouche
De ces yeux


(Photo Georges Paramon)


En la boca de estos ojos


Suspendido al deseo
Totalmente presente
En la confianza
De la fuerza de su presencia

Una desconocida
Que desde el inicio
No era más
Que una vieja conocida

Un escenario
Que traspasa la envoltura
El ser frágil y feroz
La complicidad que no se puede callar

Atado al deseo
De la evidencia
De la carne
Que no se atreve a saberse

Una vieja conocida
En una bodega
Como se debe
A la sombra de los cobres

La embriaguez en las manos
De la música
Para dormir
Juntos

Nada se debe
Ya que todo está
En la boca
De estos ojos


mardi 27 mai 2008

Bien avant



Bien avant le tango
Il y avait le tango

Il y a longtemps
Un homme a vu
Une femme

Sans le savoir
Cette femme
C'était elle-même


(Photo Georges Paramon)


Mucho antes que el tango
Era el tango

Hace mucho
Un hombre vio
A una mujer

Sin saberlo
Esa mujer
Era ella misma


lundi 26 mai 2008

Sábato



"La noche, la infancia, las tinieblas, las tinieblas, el
terror y la sangre, sangre, carne y sangre, los sueños,
abismos, abismos insondables, soledad soledad
soledad, tocamos pero estamos a distancias
inconmensurables, tocamos pero estamos solos."

Ernesto Sábato, El dragón y la princesa




"La nuit, l'enfance, les ténèbres, les ténèbres, la terreur
et le sang, sang, chair et sang, les rêves, abîmes,
abîmes insondables, solitude solitude solitude, nous
touchons mais nous sommes à des distances
incommensurables, nous touchons mais
nous sommes seuls."


jeudi 22 mai 2008

Ecueil



Naufrage d'un mégot
dans les pétales d'un caniveau





Naufragio de una colilla
entre los pétalos de un canalillo


vendredi 16 mai 2008

Au fil des rails




"Je sème le vent, les autans
Et je sauve les apparences
Mais quand je cris nul n'entend
Nul ne voit à quoi je pense"
Keren Ann
"La forme et le fond" - NOLITA



Il y a les fils. Les fils d'or que la vie brode sur la mort. Les fils qui jamais n'abandonneront la marionnette qui commençait à trouver la danse. Ce qui est donné à jamais. Semé. Une amorce de racine. Avant l'éclosion.
Il y a les fils qui tissent au-delà de l'absence. Les fils qui fabriquent la présence. Ce qui jamais ne disparaîtra. Ce qui continuera à féconder. Un passage de relais. Un corps à corps. Une peau. La peau du coeur ouvert. La peau des mains de Marie.
Il y a les fils qui font les fils et les filles. Une philosophie faite vie. La chair. Les fils des rencontres laissées pour demain. Des fils d'amour pour ne plus se perdre dans le labyrinthe du carnage.


Et puis, il y a les rails. Les rails qui braillent et s'éclatent. Les rails qui braillent dans le silence de l'absence. La rupture. Tu n'es pas celle qui se confond avec toi. Qui t'empêche de t'enfuir. Qui veut te mettre à sa place.
Les rails qui ne mènent nulle part. Qui n'arrivent jamais. Qui font évacuer le métro. Qui t'abandonnent à ta perte. Le train est parti sans toi. Un autre train. Le même.
Qui ne veut pas arriver non plus. Car il connaît sa destination. L'enfermement.
Les rails qui cessent de porter ce train qui t'arrache à la vie, à la danse. Ton voyage s'arrêtait à Bastille. L'Opéra. Pas plus loin. Pas ailleurs. Le métro ne t'aurait pas porté vers la déportation. Le limogeage.
Les rails au ralenti. Le refus. Ta place n'était pas là. Celle de l'autre. La même. Deux enfermées. Internées. Dans la ville des fous... Et des morts.


Il y a les fils. Les fils qui dessinent le mouvement. La vie. L'amour. Les fils de l'amour dont tu connais maintenant l'existence. Grâce à la mort.
Des rails qui déraillent quand ils veulent jouer les ciseaux. Un électroschoc.


Funambule.
Ton fil t'attend. Encore.




"Siembro el viento, los tantos
Y salvo las apariencias
Mas cuando grito ninguno oye
Ninguno ve en qué pienso."
Keren Ann

Están los hilos. Los hilos de oro que la vida borda sobre la muerte. Los hilos que nunca abandonarán a la marioneta que empezaba a encontrar la danza. Lo que se dio para siempre. Sembrado. El inicio de una raíz. Antes de la eclosión.
Están los hilos que sembran más allá de la ausencia. Los hilos que fabrican presencia. Lo que nunca desaparecerá. Lo que seguirá cundiendo. Un paso de relevo. Un cuerpo a cuerpo. Una piel. La piel del corazón abierto. La piel de las manos de Marie.
Están los hilos que hacen los hijos y las hijas. Una filosofía hecha vida. La carne. Los hilos de los encuentros dejados para mañana. Hilos de amor para dejar de perderse en el laberinto de la carnicería.



Y están los railes. Los railes que aúllan y se estrellan. Los railes que aúllan en el silencio de la ausencia. La ruptura. No sos la que se confunde con vos. Que te impide huir. Que quiere meterte en su lugar.
Los railes que no llevan a ninguna parte. Que nunca llegan. Que hacen que se vacíe el metro. Que te abandonan a tu pérdida. El tren se fue sin vos. Otro tren. El mismo. Que no quiere llegar. Porque conoce su destino. El encierro.
Los railes que dejan de llevar ese tren que te arranca a la vida, a la danza. Se paraba tu viaje en Bastille. La Opera. Acá no más. En otra parte, no. El metro no te hubiera llevado hacia la deportación. El "limogeage".
Los railes a ritmo lento. El rechazo. Tu lugar no era ése. Era el de la otra. La misma. Dos encerradas. Internadas. En la ciudad de los locos... Y de los muertos.


Están los hilos. Los hilos que dibujan el movimiento. La vida. El amor. Los hilos del amor que ahora sabés que existe. Gracias a la muerte.
Los railes que se estrellan al dárselas de tijeras. Electroschoc.


Funámbula.
Te espera el hilo. Aún.


lundi 12 mai 2008

Démultiplication


La décomposition n'aura pas lieu

Un effet d'optique
Comme cet homme face à cette femme
A la terrasse d'un café

Le déni du coeur restera à l'infirme
Incapable d'amolir le blindage
Au cynisme de la destruction
Pas là où semble apparaître le clou

Les images prendront corps
Danseront pour qui saura les saisir
L'aveugle restera seul
Les yeux se trouveront



Desmultiplicación


La descomposición no tendrá lugar
Un efecto de óptica
Como ese hombre frente a esa mujer
En la terraza de un café

La negación del corazón se quedará
Para el inválido incapaz de ablandar el blindaje
El cinismo de la destrucción
No donde parece verse el clavo

Las imágenes tomarán cuerpo
Bailarán para quién sabrá captarlas
El ciego se quedará solo
Los ojos se encontrarán


samedi 3 mai 2008

Lui sans lui



Il était là.
Ils s'étaient réveillés ensemble et il était là. Le désir avait pris et il avait préféré le laisser en suspens.
Le désir était là. Suspendu. Gardé pour plus tard. Pour la vie.
Il était là et il dansait dans la cour.
Il était là et lui disait qu'elle était romantique. Elle lui faisait écouter du tango. Un autre. Le cri du bandonéon. Elle chantait.
Il était là et il était heureux. Elle le voyait bien.
Il était là et il voulait voir le monde avec elle.
Il était là et ils sont sortis.

Sortis.

Perdus.
La boite aux lettres.
La lettre redoutée depuis des mois.
Le corps qui s'est convulsé.
Le visage qui s'est décomposé.
La voix qui a dit "non".

Il était là et il riait. Incrédule.
L'enveloppe ouverte. La silouhette s'en allant dans une mer de pages. Les larmes.
Il était là et il l'a prise dans ses bras.
Il était là et il a dit "je suis là".
Il était là et puis il est parti.

Il est parti sans le dire.
Il est parti dans le silence.

Elle.

Restée.
Partie. Sans lui.
Partie ailleurs.

Seul le souvenir.
Le souvenir du désir suspendu du matin.




El sin él


El estaba.
Se habían despertado juntos y él estaba. El deseo se había asomado pero había preferido dejarlo en suspenso.
El deseo estaba. Suspendido. Guardado para más tarde. Para la vida.
El estaba y bailaba en el patio.
El estaba y le decía que era romántica. Ella le hacía escuchar tango. Otro. El grito del bandoneón. Ella cantaba.
El estaba y estaba feliz. Ya lo notaba ella.
El estaba y quería ver el mundo con ella.
El estaba y salieron.


Salidos.
Perdidos.
El buzón.
La carta temida desde hacía meses.
El cuerpo que se convulsó.
El rostro que se descompuso.
La voz que dijo "no".


El estaba y se reía. Incrédulo.
La carta abierta. La silueta yéndose por un mar de folios. Las lágrimas.
El estaba y la abrazó.
El estaba y le dijo "estoy".
El estaba y después se fue.


El se fue sin decirlo.
El se fue en el silencio.


Ella.


Parada.
Ida. Sin él.
Ida a otra parte.


Sólo el recuerdo.
El recuerdo del deseo de la mañana.


mercredi 23 avril 2008

Redondance de la Chimère


Alors ?

Tu t'es encore faite avoir par la Chimère ?
Encore une fois ?


Tu ne comprends donc pas ?
Tu ne comprendras donc jamais ?

Que jamais
Que pour toujours

Tu es l'exclue

Que ta mère

Est

Dans ta maison




Y?

Otra vez te dejaste engañar por la Quimera?
Una vez más?

No te enterás?
No te enterarás nunca?

De que nunca
De que para siempre

Sos la excluída

De que tu madre

Está

En tu casa


samedi 19 avril 2008

Irréel


"C'était la première coïncidence du meilleur
pour moi et du meilleur sur terre.
N'est-il pas naturel que cela soit parti ?
Pour quoi prends-tu la vie ?
Pour toi, sa mort n'est pas dans l'ordre des choses,
pour moi, c'est sa vie qui n'était pas dans l'ordre des choses,
dans un ordre différent, autre."

Marina Tsvetaeva
(Lettre à Boris Pasternak du 9 février 1927
évoquant la mort de Rilke)

(Photo de Georges Paramont)

La joie c'est la mort
Toujours la même danse
Iréelle

Agnès est partie le 6 mars
...
Le temps d'un tango


* * *


"Era la primera coincidencia de lo mejor
para mí con lo mejor en la tierra.
Acaso no es natural que se haya ido?
Qué te crees que es la vida?
Para vos, su muerte no está en el orden de las cosas,
para mí, era su vida la que no estaba en el orden de las cosas,
en algún orden diferente, otro."

Marina Tsvetaeva
(Carta a Boris Pasternak del 9 de febrero de 1927,
respecto a la muerte de Rilke)



La alegría es la muerte
Siempre la misma danza
Irreal


Agnès se fue el día 6 de marzo
...
El tiempo de un tango


dimanche 13 avril 2008

Toi, ma seule



Tu es seule. Je te dis que tu es seule
Que jamais je ne te donnerai la main sur ton chemin
Que je ne ferai que pointer du doigt -tel un dieu, un ange, un juge
Ta solitude

Seule
Je te veux seule
Et je te le dis

Tu es hors ma vie
Hors du chemin qui me mène à moi
Je te dis : "Relis Rilke"

Tu veux connaître l'amour universel faute de pouvoir aimer une femme
Tu veux le concept faute d'éprouver le feu
Reste avec la Reine des Neiges

Je pars
Je suis partie
Partie de toi qui n'es pas là
Toi qui ne me veux qu'à côté de toi, support de toi
Sans que jamais toi et moi ne se touchent
S'échangent

Le temps
Attendre, dis-tu
Par ce mot seul tu te mets hors le sentir
Sentir n'est pas demain
Maintenant
Pour toujours

Tu attires qui tu es
Qui es-tu ?
Je veux un homme

Un homme, c'est le courage des oiseaux
Un homme, c'est aimer une femme

Ne suis-je donc pas femme ?
Certainement
Mais personne ne l'est jamais
C'est l'autre qui fait la femme et l'homme
C'est toi




Sos sola. Te digo que sos sola
Que nunca te daré la mano en tu camino
Que sólo apuntalaré -tal un dios, un ángel, un juez
Tu soledad

Sola
Te quiero sola
Y te lo digo

Estás fuera de mi vida
Fuera del camino que me lleva a mí
Te digo: "Leelo de nuevo a Rilke"

Querés conocer el amor universal porque no podés amar a una mujer
Querés el concepto porque no sentís el fuego
Quedate con la Reina de las Nieves

Me voy
Me fui
Me fui de vos que no estás
De vos que sólo me querés a tu lado, soporte tuyo
Sin que nunca jamás vos y yo se toquen
Se intercambien

El tiempo
Esperar, decís
Con esta palabra sola te ponés fuera del sentir
Sentir no es mañana
Ahora
Para siempre

Atraes a quién sos
Quién sos vos?
Quiero a un hombre

Un hombre, es la valentía de los pájaros
Un hombre, es amar a una mujer

Acaso no soy mujer?
Seguro
Mas nadie nunca lo es
El otro hace a la mujer y al hombre
Vos

dimanche 6 avril 2008

L'éveil du printemps


Pour Marie-Laure,
au Chili


"Ne pressens-tu pas que c'est ta seule chasteté
qui a engendré mes débordements !
Malheur, malheur aux inhumaines !"

"Il y a de l'humiliation a avoir été homme
sans avoir connu la chose humaine entre toutes."

"Si un jour j'ai des enfants, je les laisserai pousser
comme la mauvaise herbe dans notre jardin de fleurs.
Qui donc s'en soucie, et puis ça monte si haut, si dru,
tandis que les roses dans leurs parterres contre leurs tuteurs
fleurissent chaque été plus chétives."

L'éveil du printemps
, Frank Wedekind (1891)




L'éveil du printemps vient des rêves.
Pour conjurer le sort, elle est montée dans un train qui l'a menée dans le jardin de son enfance. Les arbres étaient en fleurs. La terre était en fleur. Elle a enlevé ses chaussures pour marcher dans la terre humi-de. Reconnu la Pachamama. La promesse de l'éveil du printemps.


* * *


"No sentís que tu sola castidad es
la que generó mis desbordamientos!
Desgracia, desgracia a las inhumanas!"

"Hay humillación en haber sido hombre
sin haber conocido la cosa humana entre todas."

"Si algún día tengo hijos, los dejaré crecer
como la mala hierba en el jardín de flores.
A quien le importa, y crece tan alto, tan potente,
mientras que las rosas en el macizo contra los tutores
florecen cada verano más endebles."

El despertar de la primavera, Frank Wedekind (1891)



El despertar de la primavera viene por los sueños.
Para conjurar la suerte, subió a un tren que la llevó al jardín de su infancia. Los árboles estaban en flores. La tierra estaba en flor. Se quitó los zapatos para caminar por la tierra húmeda. Reconoció la Pachamama. Sintió la promesa del despertar de la primavera.