samedi 3 mai 2008

Lui sans lui



Il était là.
Ils s'étaient réveillés ensemble et il était là. Le désir avait pris et il avait préféré le laisser en suspens.
Le désir était là. Suspendu. Gardé pour plus tard. Pour la vie.
Il était là et il dansait dans la cour.
Il était là et lui disait qu'elle était romantique. Elle lui faisait écouter du tango. Un autre. Le cri du bandonéon. Elle chantait.
Il était là et il était heureux. Elle le voyait bien.
Il était là et il voulait voir le monde avec elle.
Il était là et ils sont sortis.

Sortis.

Perdus.
La boite aux lettres.
La lettre redoutée depuis des mois.
Le corps qui s'est convulsé.
Le visage qui s'est décomposé.
La voix qui a dit "non".

Il était là et il riait. Incrédule.
L'enveloppe ouverte. La silouhette s'en allant dans une mer de pages. Les larmes.
Il était là et il l'a prise dans ses bras.
Il était là et il a dit "je suis là".
Il était là et puis il est parti.

Il est parti sans le dire.
Il est parti dans le silence.

Elle.

Restée.
Partie. Sans lui.
Partie ailleurs.

Seul le souvenir.
Le souvenir du désir suspendu du matin.




El sin él


El estaba.
Se habían despertado juntos y él estaba. El deseo se había asomado pero había preferido dejarlo en suspenso.
El deseo estaba. Suspendido. Guardado para más tarde. Para la vida.
El estaba y bailaba en el patio.
El estaba y le decía que era romántica. Ella le hacía escuchar tango. Otro. El grito del bandoneón. Ella cantaba.
El estaba y estaba feliz. Ya lo notaba ella.
El estaba y quería ver el mundo con ella.
El estaba y salieron.


Salidos.
Perdidos.
El buzón.
La carta temida desde hacía meses.
El cuerpo que se convulsó.
El rostro que se descompuso.
La voz que dijo "no".


El estaba y se reía. Incrédulo.
La carta abierta. La silueta yéndose por un mar de folios. Las lágrimas.
El estaba y la abrazó.
El estaba y le dijo "estoy".
El estaba y después se fue.


El se fue sin decirlo.
El se fue en el silencio.


Ella.


Parada.
Ida. Sin él.
Ida a otra parte.


Sólo el recuerdo.
El recuerdo del deseo de la mañana.


3 commentaires:

Germán a dit…

Mi adorada Aurélia!!
Les rues de Paris chuchotent ton nom qui est parfumé de vanille et de musique argentine.
Tu es proche de la mer, elle va te nourrir, parce que elle est une grande mère..Laisse t'embrasser par la vie...
Je suis avec toi...Un beso regordete

Lara a dit…

Así explicado, el dolor es hermoso, la consternación.
Cada vez mejor tus palabras.
Y no ida, no: llegada.
Un abrazo, A.
Te espero.

Icy a dit…

C'est délicat, c'est beau, c'est touchant...
Doux reliquat d'un tango évanescent...