samedi 20 mars 2010

Mezcla de barro


Otro boca a boca - para la niña del renacer
Del otro lado
Al revés del planeta y del ser

Buenos Aires - ciudad del arrastrar
Cada respiración
Hasta que desaparezca
La última posibilidad de duda
Del estar
Vivo

Vivo
En la calle donde se van mezclando
El empedrado con cualquier tipo de material
Rescatado del último terremoto que significa
La vida

Vereda lista para recibir a quien anda buscando
Esa luz irrumpiendo en alguna que otra hoja verde fluorescente
Más llena de sabia que en cualquier otra parte del planeta a la deriva
Más llena de todo lo imaginable en otra tierra como pudo ser
Aquella vieja Europa herida por el paso de los siglos y el desgaste de la sonrisa

Buscando el sentido de sus calles - Buenos Aires
Hecha de luz y sombra, empedrada por el barro del amor
Intenta lo que es

El invento universal que es
La MEZCLA

Mezclémonos
Mezclémonos todo el cuerpo de barro





Mélange dans la boue

Un autre bouche à bouche – pour la petite fille de la renaissance
De l’autre côté
A l’envers de la planète et de l’être

Buenos Aires – ville qui traine et entraîne
Chaque respiration
Jusqu’à la disparition
De la dernière possibilité du doute
D’être
En vie

Je vis
Dans la rue où se mêlent
Le pavé et tout autre type de matière
Rescapé du dernier tremblement de terre que signifie
La vie

Trottoir prêt à recevoir qui cheminerait à la recherche
De cette lumière éclatant sur l’une ou l’autre de ces feuilles de fluorescence verte

Plus remplies de sève que n’importe où sur cette autre planète à la dérive
Plus remplies de tout ce qui aurait pu s’imaginer dans une autre terre comme aurait pu être
Cette vieille Europe blessée par le passage des siècles et l’usure du sourire

A la recherche du sens de ses rues – Buenos Aires
Faite de lumière et d’ombre, pavée de cette boue faite d’amour
Tente ce qu’elle est

L’invention universelle qu’elle est
Le MELANGE

Mélangeons-nous
Mélangeons-nous tout le corps de boue

mardi 2 février 2010

Lui sans elle avec elle



A celui qui sait

Lui c’est s’enfermer dans une maison. Se réchauffer. Lui c’est l’étreinte du lit, toute la journée. Le va et vient des draps au café. De l’amour aux livres. Lui c’est la peur. Mais lui, c’est l’étreinte. La vraie. Celle qui sait. Jusqu’au-delà.
Il y a la toux, la douleur, l’insomnie. Mais il y a l’étreinte. L’étreinte qui sauve tout, de tout. Lui le sait. Lui sait ça. Et lui a peur. Peur de lui. Peur de l’amour –qu’est-ce que c’est ? Lui c’est le désir, la scène, l’enfant. Lui ne joue pas. Il est l’enfant. Lui se joue de lui.
Lui l’attend. Il le sait. Il ne le sait pas. Il trouve ça beau. Il trouve ça insensé. C’est beau. C’est lui.
Lui serait un cadeau. Car lui est sans lendemain. Lui est le poète. Goldmund. Le besoin de matière. Solide.
Lui aime la danse, comme son vieux Céline. Lui relit Beauvoir, contre son vieux Céline.
Lui se dit qu’il n’est rien, ne sait rien, ne vaut rien. C’est que lui aussi, comme elle, cherche avec qui vivre, cette matière –solide–, qui n’est rien, sans personne, en face. Lui est seul. Terriblement seul. Comme tous. Mais lui le sait un peu plus. Lui sait tout.
Lui sait qu’il pourrait ne plus être seul. Il l’a déjà été, peut-être. Et contrairement à ce que lui dit, lui n’est pas dupe de son désir –pas plus qu’elle. Et lui est le partage. Le grand.
Lui a peur des miroirs. Peur des corps. Du sien. Peur du temps, plus que de l’alcool, sur la chair. Lui sait qu’elle aussi a peur des miroirs, de la chair qui déborde, obscène. C’est pourquoi lui l’appelle quand il devient malgré lui cet objet de désir qu’il ne conçoit pas –tout comme elle–, qui le dépasse pour le réduire à sa honte.
Lui sait qu’elle sait. Lui sait qu’elle l’aime. Au-delà du temps, de l’espace, des miroirs, et de la chair qu’ils exècrent.
Lui fabrique des marionnettes pour se jouer de lui. Lui sait qu’elle sait. Lui sait son silence. Son choix du silence face à la conscience de la non-connaissance. Le silence devant l’abîme de l’erreur. Lui sait son erreur. Lui sait ce qu’elle cherche. Lui se perd. Quand il se perd, il pleure de n’être qu’un artiste. Comment consoler celui qui pleure d’être un artiste ? Comment consoler la beauté d’être ? La vulnérabilité, la solitude, l’abandon.
Lui lui a dit Stig Dagerman. Lui lui a dit, sans le dire, l’indicible. L’insatiable besoin de consolation. « Pour toi. Tiens. »
Elle voudrait pleurer avec lui, et rire avec lui, et faire l’amour avec lui, dans les larmes et les rires. Elle voudrait jouir de lui et qu’il jouisse en elle. Elle voudrait qu’ils oublient.
Elle voudrait oublier.
(23/08/08)



El sin ella con ella


Al que sabe

El, es encerrarse en una casa. Entrar en calor. El, es el abrazo de la cama, todo el día. El vaivén de las sábanas al café. Del amor a los libros. El, es el miedo. Mas él, es el abrazo. El de verdad. El que sabe. Hasta el más allá.
Está la tos, el dolor, el insomnio. Pero está el abrazo. El abrazo que lo salva todo, de todo. El, lo sabe. El, sabe esto. Y él tiene miedo. Miedo a él. Miedo al amor –¿qué es eso? El, es el deseo, el escenario, el niño. El, no juega. El, es el niño. El, se juega de él.
El, la espera. Lo sabe. No lo sabe. Le parece lindo. Le parece loco. Es lindo. Es él.
El, sería un regalo. Que él, es sin mañana. El, es el poeta. Goldmund. La necesidad de materia. Dura.
El, ama la danza, igual que su viejo Céline. El, vuelve a leer a Beauvoir, igual en contra de su viejo Céline.
El, piensa que no es nada, no sabe nada, no vale nada. Es que él también, igual que ella, busca con quién vivir, esta materia –sólida–, que no es nada, sin nadie, enfrente. El, es solo. Terriblemente solo. Como todos. Mas él, lo sabe un poco mas. El, lo sabe todo.
El, sabe que podría dejar de estar solo. Ya le pasó, tal vez. Y al contrario de lo que dice él, no engaña sus deseos –no más que ella. Y él, es el compartir. El grande.
El, les tiene miedo a los espejos. Miedo al cuerpo. Al suyo. Miedo al tiempo que pasa, más que al alcohol, sobre la carne. El, sabe que ella también les tiene miedo a los espejos, a la carne que se desborda, obscena. Y por eso, él la llama cuando vuelve a ser, a pesar suyo, este objeto de deseo que no concibe –como tampoco ella–, que lo supera y lo reduce a su propia vergüenza.
El, sabe que ella sabe. El, sabe que ella lo ama. Más allá del tiempo, del espacio, de los espejos, y de la carne que aborrecen.
El, se fabrica títeres para jugarse de él. El, sabe que ella lo sabe. El, sabe su silencio. Su elección del silencio frente a la conciencia del no-conocer. El silencio frente al abismo del error. El, sabe su error. El, sabe lo que busca ella. El, se pierde. Cuando se pierde él, llora por no ser más que un artista. ¿Cómo consolar al que llora por ser artista? ¿Cómo consolar a la hermosura de ser? La vulnerabilidad, la soledad, el abandono.
El, le ha dicho Stig Dagerman. El, le ha dicho, sin decirlo, lo indecible. La insaciable necesidad de consuelo. « Para vos. Tomá. »
Ella quisiera llorar con él, y reírse con él, y hacer el amor con él, en las lágrimas y las risas. Quisiera gozar por él y que gozara él en ella. Quisiera que olvidaran.
Quisiera olvidar.

mardi 19 janvier 2010

Tous les jours


Tous les jours
Elle tous les jours
Elle et la lutte contre Elle
La mort

Tous les jours quelques lambeaux d’espoir
Pour se désagréger
Tous les jours l’insoutenable de cette présence
Faite d’absence

Tous les jours cette vie pour s’évanouir
Disparaitre dans la poussière
De l’inaccessible

Tous le jour sombrer un peu plus
Et le sentir
Dans ce qui reste de chair avariée

Tous les jours sombrer un peu plus dans
L’absence absolue du monde, d’un toi, d’un moi
Tous les jours
Un peu plus à l’intérieur de ce cœur écorché
La mort

Et les moyens pour la toucher
Pour mettre enfin fin
A tant
De non-sens
Chimère
Solitude
Ame désertée




Cada día

Cada día
Ella cada día
Ella y la lucha contra Ella
La muerte

Cada día algún que otro pingajo de esperanza
Para desagregarse
Cada día lo insoportable de esta presencia
Hecha de ausencia

Cada día esta vida para desvanecerse
Desaparecer en el polvo
De lo inaccesible

Cada día hundirse algo más
Y sentirlo
En eso que queda de carne averiada

Cada día hundirse algo más en
La ausencia absoluta del mundo, de algún vos, de algún yo
Cada día
Algo más en el interior del corazón despellejado
La muerte

Y los medios para tocarla
Para poner fin por fin
A tanto sin sentido
Tanta Quimera
Soledad
Alma desertada

samedi 26 décembre 2009

Sans cri


« Tu n'm’aimes pas parce que tu n’cries pas quand je suis en toi. »
Je n’crie pas parce qu’on a secoué et hurlé sur le bébé que j’étais –quand il pleurait.
Je n’crie pas et c’est pour ça qu’j’écris.
J’écris pour ça, parce que je n’sais pas crier –pas encore et peut-être jamais.
Parce que j’ai été terrorisée quand on hurlait sur le petit enfant que j’étais –qui pleurait.
Je n’crie pas parce que longtemps j’ai été muette.
Enfant –infans.
Sans voix, sans écoute. Silence. Absence. Solitude.
Je n’crie pas parce que je vois que ce que tu cherches, ce que tu juges, ce que tu attends, c’est, que je crie –ton étalon.
Je n’crie pas parce que j’te cherche.
Je nous cherche.
Et ça me prend.
Et ça me prend toute.
Mais me prendre toute, pour l’heure et peut-être jamais, ne veut pas dire, me faire crier.
Ca me prend toute et je suis toute à toi. A nous. Dedans.
Toute à toi, à nous, à t’attendre. Parce que je sais que pour moi, pour l’heure et peut-être à jamais, et tandis que toi, tu ne parles que d’amour-fusion, ça ne peut arriver
qu’en même temps. Que pour moi, pour l’heure et peut-être à jamais, l’émotion naît
de l’émotion
l’abandon
de l’abandon
le don
du don
ton bonheur en moi pour faire
pour être
mon bonheur de toi, avec toi, par toi.

Pardon. Si je n’sais pas crier. Si je n’sais qu’arracher les pages de mes cahiers de larmes –et de toi.
Je ne connais que l’orgasme de l’orgasme. Le je-nous. Le carré métaphysique.
Et même si tu ne veux pas y croire, mon amour est
là. Silencieux mais
attentif. Silencieux et
bien présent. Et mon sexe vibre du tien. Et mon ventre. Et mes larmes.
Même si
je ne crie pas.




Sin grito


«No me amás porque no gritás cuando estoy adentro tuyo.»
No grito porque sacudieron y le gritaron al bebé que fui –cuando lloraba.
No grito y por eso escribo.
Por eso escribo, porque no sé gritar –por ahora y tal vez para siempre.
Porque me aterrorizaron cuando le aullaron a la niña pequeña que era –que lloraba.
No grito porque mucho tiempo me quedé muda.
Infante –infans.
Sin voz, sin escucha. Silencio. Ausencia. Soledad.
No grito porque veo que lo que buscás, lo que juzgás, lo que esperás, es, que grite –tu patrón.
No grito porque te estoy buscando.
Nos estoy buscando.
Y me coge.
Y me coge toda.
Y cogerme toda, por ahora y tal vez para siempre, no quiere decir, que grite.
Me coge toda y soy entera tuya. De nosotros. Adentro.
Toda de vos, de nosotros, esperandote. Porque sé que para mí, por ahora y tal vez para siempre, y mientras vos, no hablás más que de amor-fusión, no puede ocurrir más que
al mismo tiempo. Que para mí, por ahora y tal vez para siempre, nace la emoción
de la emoción
el abandono
del abandono
la entrega
de la entrega
tu dicha adentro mío para hacer
tal vez
mi dicha de vos, con vos, por vos.

Perdón. Que no sé gritar. Que no sé más que arrancar las páginas de mis cuadernos de lágrimas –y de vos.
No conozco más que el orgasmo del orgasmo. El yo-nosotros (rodilla). El cuadrado metafísico.
Y, a pesar de que no lo querás creer, mi amor es
acá. Silencioso mas
bien presente. Y vibra mi sexo del tuyo. Y mi vientre. Y mis lágrimas.
Igual si
no grito.

jeudi 3 décembre 2009

Rage en cage


Il y a cette violence
Toute – cette violence
Toute cette violence – de l’enfance
Perpétuée

Il y a cette violence
Au fer rouge
Sur le corps sans peau
Réappliquée – sans cesse
Sur le corps qui veut s’échapper

Il y a cette violence
Ce viol
Lent
Long – réitéré
De cette enfance
Tentative permanente d’évasion

Il y a cette violence
Habituelle – reconnue
Coutumière – intégrée
Inquiétante étrangeté
Du viol
Lancinent – permanent
Ad vitam

Il y a la blessure
Faite de violence
Blessure – impansable
Envahissante – blessure
A chaque instant plus vivante
En ce corps – en cette âme
En perte

Il y a blessure – douleur
Rage en cage
Envers toute cette haine
Contre l’enfant
Captive

La rage
Contre la permanence
De l’insoutenable captivité à perpétuité
La réclusion – séquestration
Par l’envers
Pervers





Rabia en jaula

Hay esta violencia
Toda – esta violencia
Toda esta violencia – de la infancia
Perpetuada

Hay esta violencia
Hecha con hierro rojo
Sobre el cuerpito sin piel
Aplicada de nuevo – sin cesar
Sobre el cuerpo que quiere escapar

Hay esta violencia
Esta violación
Lenta
Larga – reiterada
De esta infancia
Tentativa permanente de evasión

Hay esta violencia
Habitual – reconocida
Acostumbrada – integrada
Inquietante extrañeza
De la violación
Lancinante – permanente
Ad vitam

Hay la herida
Hecha de violencia
Herida – incurable (in-pensable)
Invasora – herida
A cada instante más viva
En este cuerpo – en este alma
En perdición

Hay la herida – dolor
La rabia en jaula
Frente a tanto odio
Contra la niña
Cautiva

La rabia
Contra la permanencia
De la insoportable cautividad a perpetuidad
De la reclusión – secuestro
Por el revés
Perverso

dimanche 22 novembre 2009

Baudruche


Comment ?
Toi
Comment, encore une fois, avoir eu l’audace
De croire
Toi
Qui n’as ni croyance ni audace
Toi
Qui n’as pas de toi

Comment t’être laissée aller à
Croire à ces yeux bleus
Comment avoir pu penser qu’était venu
Le temps des rêves
Comment avoir pu croire à
Ces yeux bleus

Comme une enfant qui s’accroche
Par tous les moyens
A un ballon de fête foraine
Pour ne pas
Quitter terre

Comment avoir pu penser
Au bleu toi
Qui n’est que
Noire

Noire le jour et la nuit
Dedans et dehors
Hier et aujourd’hui
Demain
Depuis toujours et à jamais

Quelle idée
Que ce bleu
Toi qui sais que jamais
Rien de cela
Ne se pourra

Toi
Qui n’as pas de toi
Qui ne sais ce que c’est que
Toi

Toi qui ne sais rien
De toi
Cesse d’attendre
N’attends rien
De rien

Juste
Regarde filer les ballons de baudruche
Dehors
Dans
Le bleu du ciel


Globo

¿Cómo?
Vos
Cómo, una vez más, haber tenido esa audacia
De creer
Vos
Que no tenés ni creencia ni audacia
Vos
Que no tenés vos

Cómo haberte dejado ir a
Creer en aquellos ojos azules
Cómo haber podido pensar que había venido
El tiempo de los sueños
Cómo haber podido creer en
Aquellos ojos azules

Igual que una niña que se agarra
Con toda fuerza
A un globo de feria
Para no
Quitar la tierra

Cómo haber podido pensar
A lo azul vos
Que no sos más que
Negra

Negra de día y noche
Adentro y afuera
Ayer y hoy
Mañana
Desde siempre y para siempre

Qué idea
Que ese azul
Vos que sabés que nunca
Nada de eso
Se podrá

Vos
Que no tenés vos
Que no sabés lo que es
Vos

Vos que no sabés nada
De vos
Dejá de esperar
No esperés nada
De nada

Sólo
Mirá cómo se van los globos
Afuera
En
El azul del cielo

mardi 3 novembre 2009

Suspensión


Y la hermana estaba. Pero tampoco lo sabía. Ya no sabía nada pero eso sí lo sabía. Ella estaba. Y sabía. Lo sabía. El. Hermana. Pero sabía sin saber. Y cuando supo, se enteró de todo. De todo eso que él no hubiera podido aguantar si se hubiera enterado.
Ella lo estaba esperando. Ahí, en la boca del metro parisino. Bailaba con la mano. Bailaba entera. Bailaba con lágrimas. Con amor. Bailaba para él. Lo bailaba. Era su manera de esperarlo –bailarlo, pensarlo.
Otra vez estaba del otro lado. De la calle. Llevaba gorra. Tenía pinta gris.
Cuando le vio la cara, los ojos, no se lo pudo creer. Igual lo sabía ya. Lo sabía todo.
¿Qué le había pasado? ¿Qué le habían hecho? ¿Qué se había hecho?
Lo sabía. No lo podía saber. Lo sabía ya, igual.
En sus ojos vio la muerte, el odio, violento, el horror. Esos mismos ojos azules de la única dulzura. Lo sabía. Lo había pensado tanto. Imaginado tanto. El niño muerto. Los siete años. La huida perpetúa. Los desencuentros que no eran.
Reconoció el cuerpo enloquecido. Totalmente inquieto. Reconoció el pánico, la rapidez, el miedo. Se reconocía a sí misma, por eso lo reconocía. Y él, como que nada. Nada. Fuera. Contándole como casi lo mataban. Desapareciendo así no más. Corriendo. Ella lo seguía. No quería agredirlo más de lo que veía ya. El, ausente. Fuera de sí y muy lejos de ella. Ciego. Ciego de haber visto tan de cerca la muerte y de ya no poder ver más. Nada.
Ella lo miraba. Lo envolvía en su mirada atenta como luego en la presencia de sus manos. Lo amaba. Lo estaba amando. A pesar de comprobar la ausencia. El dolor. Que le daba miedo. No lo conocía así de ausente. Igual si, sí, claro. Lo estaba amando y tenía ganas de llorar. Era muy fuerte eso de sentir que podía haber muerto. El. Que podía no haber vuelto a verlo nunca. El.
Tenía ganas de llorar. Tenía ganas de llorar su amor, pero no lo quería asustar más. Aguantaba. Tenía que hacer de hermana mayor.
Cuando fue la paz, en la cercanía de los cuerpos, debajo del calor de las sábanas, hubo también un exceso de emoción. Nada más se podía entender. Hizo como que controlaba. No lo quería asustar. Pero contenía unas ganas bárbaras de llorar, de abrazarlo, de besarlo, de sentirlo adentro suyo. Todo era tan fuerte. Tan en su lugar y tan fuera de todos los lugares. Una isla en medio del océano de la tormenta. Pero ¿qué isla? ¿Qué otra utopía? ¿Qué otra confusión? Muchísima emoción. Bien podía ser otra cama del incesto.
Todo se paró. Todo.
Se suspendió. No se dijo nada más. Nada. Ni ella sabía más nada de esa emoción tan fuerte en que estaba. Tan fuerte. Sentir que podía haber muerto. Sentir que podía hacer el amor con él. Tenerlo acá. Saber que se iba.
La esperanza quedaba en lo verde. En la tierra verde del nacer.
Pero ella no estaba acostumbrada a la esperanza.
Volvió la angustia.

Disparan en la calle. La gente se asoma por las ventanas.




Suspension

Sa sœur était là. Mais il ne le savait pas non plus. Elle ne savait plus rien mais ça elle le savait. Elle savait. Elle le savait. Lui. Sœur. Elle savait sans savoir. Et quand elle sut, elle comprit tout. Tout ce qu’il n’aurait pas pu supporter s’il avait compris.
Elle l’attendait. Là, dans la bouche du métro parisien. Elle dansait sa main. Elle dansait ses larmes. Son amour. Elle dansait pour lui. Elle le dansait. C’était sa façon de l’attendre –le danser, le penser.
Comme d’habitude il était de l’autre côté. De la rue. Il avait une casquette. La mine grise.
Quand elle vit son visage, ses yeux, elle ne put y croire. Même si elle savait déjà. Elle savait déjà tout.
Qu’est-ce qu’il lui était arrivé ? Qu’est-ce qu’on lui avait fait ? Qu’est-ce qu’il s’était fait ?
Elle le savait. Elle ne pouvait pas le savoir. Elle le savait. Déjà. De toute façon.
Dans ses yeux elle vit la mort, la haine, violente, l’horreur. Ces mêmes yeux bleus de la seule douceur. Elle le savait. Elle l’avait tellement pensé. Tellement imaginé. L’enfant mort. Les sept ans. La fuite perpétuelle. Les non-rencontres qui n’en étaient pas.
Elle reconnut le corps affolé. Totalement inquiet. Elle reconnut la panique, la rapidité, la peur. Elle se reconnaissait elle-même, c’est pour ça qu’elle le reconnaissait. Et lui, comme si rien. Rien. Hors. Racontant comment ils l’avaient presque tué. Disparaissant comme ça. Courant. Elle le suivait. Elle ne voulait pas le blesser davantage de ce qu’elle voyait déjà. Lui, absent. Hors de lui et très loin d’elle. Aveugle. Aveugle d’avoir vu la mort de si près et de ne plus pouvoir rien voir. Rien.
Elle le regardait. Elle l’enveloppait de son regard attentif comme ensuite de la présence de ses mains. Elle l’aimait. Elle était en train de l’aimer. Même si elle voyait l’absence, la douleur. Que ça lui faisait peur. Elle ne le connaissait pas absent comme ça. Même si, si, bien sûr. Elle était en train de l’aimer et elle avait envie de pleurer. C’était trop fort de sentir qu’il avait pu mourir. Lui. Qu’elle avait pu ne jamais le revoir. Lui.
Elle avait envie de pleurer. Elle avait envie de pleurer son amour mais elle ne voulait pas lui faire peur davantage. Elle cachait. Elle se devait d’être grande sœur.
Quand ce fut la paix, dans la proximité des corps, dans la chaleur des draps, il y eut aussi un débordement d’émotion. Plus rien ne pouvait se comprendre. Elle faisait semblant de contrôler. Elle ne voulait pas qu’il ait peur. Alors elle contenait la folle envie de pleurer, de le prendre dans ses bras, de l’embrasser, de le sentir en elle. Tout était si fort. Tellement à sa place et tellement loin de toutes les places. Une île au milieu de l’océan de la tempête. Mais quelle île ? Quelle autre utopie ? Quelle autre confusion ? Enormément d’émotion. Ca pouvait encore être un lit de l’inceste.
Tout s’est arrêté. Tout.
Suspendu. Plus rien ne s’est dit. Rien. Ni elle ne savait plus rien de cette émotion si forte dans laquelle elle était. Si forte. Sentir qu’il avait pu mourir. Sentir qu’elle pouvait faire l’amour avec lui. L’avoir à côté d’elle. Savoir qu’il s’en allait.
L’espoir restait dans le vert. Dans la terre verte de la naissance.
Mais elle n’était pas habituée à l’espoir.
L’angoisse revint.

On tire des coups de feu dans la rue. Les gens sortent aux fenêtres.

mardi 13 octobre 2009

La bête


Et puis d’un seul coup il y a eu cette image. Que cette image. Un corps pendu dans la salle où devait avoir lieu le procès. Soutenance insoutenable de thèse contre les thèses. Le vide. La mort.
Une image qui restait comme la seule. Qui s’imposait – occupait – toute – la place. Tout l’espace. Du dedans du dehors. Plus rien. Que cette image.
De quoi ? De quoi, puisqu’il n’y avait plus rien. Dans le tunnel, plus rien. Que la mort. Partout. Le procès. Le procès de l’esprit maudit. Du corps amputé. Absenté.
Alors la respiration. Forte. Très forte. De plus en plus forte. Trop forte. Beaucoup trop forte. Bruyante. De plus en plus bruyante. Le râle de la bête qu’on mène à l’abattoir. Le râle de la bête qu’on mène à l’abattoir et qui le sait. Et qui râle, à défaut de pouvoir faire, autrement, autre chose, quelque chose.
Alors la tête sans corps a été rappelée –pas à l’ordre, au fait, au réel, au corps. Le corps est entré dans la bataille pour dire qu’il ne partirait plus, qu’il ne laisserait plus, qu’il ne laisserait plus la tête coupée en paix, jamais, plus jamais.
Le corps a dit qu’il n’y avait que
lui, qu’il n’y avait plus que
lui, qu’il n’y aurait plus que
lui.
Le corps et son râle inhumain.
La respiration folle laissant sortir une voix tout aussi informe et folle, du bruit, du bruit juste sorti des ténèbres des entrailles révulsées, révoltées. Et après cette folie de cette respiration déchaînée, de cette voix relevant du cri de la bête qu’on abat, tout le corps. Tout le corps s’est mis à trembler, à claquer, dans le silence, dans le seul bruit du corps qui bat. Tout le corps convulsé, révulsé, dans la paradoxale tétanie de la mort.

Les voyageurs du train ont eu peur. Ils ne comprenaient pas. Ils ne comprenaient pas ce qu’ils voyaient. Tout comme ne se comprenait pas ce qui se vivait. La révolte du corps, dans le face à face avec la mort.
Ils ont fait arrêter le train. En pleine voie. Interrogé la bête. Qui ne pouvait répondre, qui ne pouvait donner sens, qui ne pouvait faire sens. Qui était : la bête. Qui pouvait juste dire « non, ce n’est pas une crise d’asthme ». La bête hors du sens. La bête, seul corps à se manifester. La bête. Soumise à la question du sens. Quel sens ? Le non-sens absolu. Un corps. Juste un corps.
A la sortie du train les pompiers étaient là. Pourquoi ? La peur. La peur des yeux qui avaient vu. La bête. Et aussi peut-être, avoir pensé que les pompiers pouvaient venir à bout de cet incendie. Incendie de l’intérieur. Incendie de viscères.



La bestia

Y de repente no hubo más que esta imagen. Nada más que esta imagen. Un cuerpo colgado en la sala donde tenía que tenerse el proceso. Defensa indefensable de tesis en contra de las tesis. El vacío. La muerte.
Una imagen que quedaba como única. Que se imponía – ocupaba – todo – el espacio. Todo el espacio. De dentro de fuera. Nada más. Que esta imagen.
¿De qué? ¿De qué?, ya que no quedaba nada. Dentro del túnel, nada. Nada más que la muerte. Por todas partes. El proceso. El proceso de la mente maldita. Del cuerpo amputado. Ausentado.
Entonces la respiración. Fuerte. Muy fuerte. Cada vez más fuerte. Demasiado fuerte. Mucho demasiado fuerte. Ruidosa. Cada vez más ruidosa. El estertor de la bestia que se lleva al matadero. El estertor de la bestia que se lleva al matadero y que lo sabe. Y que tiene estertor, ya que no puede, hacer otra cosa, alguna cosa, lo que sea.
Entonces la cabeza sin cuerpo fue llamada de nuevo –no al orden, al hecho, a lo real, al cuerpo. El cuerpo entró en la batalla para decir que no se iría más, que no dejaría más, que no dejaría más en paz la cabeza cortada, nunca, nunca más.
El cuerpo dijo que no había más que
él, que no quedaba más que
él, que no quedaría más que
él.
El cuerpo y su estertor inhumano.
La respiración loca dejando escaparse una voz tan informe y loca, ruido, ruido justo salido de las tinieblas de las entrañas trastornadas, sublevadas. Y después de esta respiración desencadenada, de la voz que era más bien grito de bestia que se sacrifica, todo el cuerpo. Todo el cuerpo se puso a temblar, a reventar, en el silencio, en el solo ruido del cuerpo que late. Todo el cuerpo convulsazo, trastornado, en la paradójica tetania de la muerte.

Los viajeros del tren tuvieron miedo. No lo entendían. No entendían lo que veían. Igual que no se entendía lo que se vivía. La rebelión del cuerpo en el cara a cara con la muerte.
Pararon el tren. En medio de la vía. Interrogaron a la bestia. Que no podía contestar, que no podía dar sentido, que no podía hacer sentido. Que era: la bestia. Que sólo podía decir «no, no es una crisis de asma». La bestia fuera del sentido. La bestia, solo cuerpo que se manifiesta. La bestia. Sometida a la cuestión del sentido. ¿Qué sentido? El no-sentido absoluto. Un cuerpo. Nada más que un cuerpo.
A la salida del tren estaban los bomberos. ¿Por qué? El miedo. El miedo de los ojos que habían visto. La bestia. Y también tal vez, haber pensado que los bomberos podían dar con este incendio. Incendio interior. Incendio de vísceras.

dimanche 4 octobre 2009

Esther Khan


"J'voulais savoir quelle impression ça fait quand la vie pénettre en vous parce que je sentais rien, je savais rien. Maintenant, tout m'arrive, très fort, ça brule chaque nerf de mon corps, c'est comme une boucherie, tout rentre à l'intérieur de moi et je suis tout arrachée. J'ai l'impression de mourir et que ça n'arrête jamais. Comment vous faites, si vous sentez la vie tout le temps ? J'le crois pas. J'pense que vous faites semblant. Parce que sinon, ça fait tellement mal, que vous hurleriez. J'préférais comme c'était avant. Vivement qu'ça s'arrête. Tu crois que ça va s'arrêter ? C'est mieux quand on est enfermé. Il faut jamais rien connaître. C'est pas bon de savoir. C'est que de la merde. Tu m'avais menti."

Esther Khan, Arnaud Despléchin (d'après Arthur Symons)




"Quería saber qué impresión da cuando la vida le penetra a uno porque no sentía nada, no sabía nada. Ahora, me pasa todo, muy fuerte, quema cada nervio de mi cuerpo, es igual que una carnicería, todo entra adentro mío y me quedo toda arrancada. Me da la sensasión de estar muriendo y que no para nunca. ¿Cómo hacen ustedes, si sienten la vida a cada rato? No lo creo. Pienso que están fingiendo. Porque sino, duele tanto, que estarían aullando. Prefería como era antes. Ojalá se pare. ¿Te creés que va a parar? Es mejor cuando está uno encerrado. No hay que conocer nada. No está bueno saber. No es más que mierda. Me mentiste."

Esther Kahn, Arnaud Despléchin (basado en Arthur Symons)

dimanche 20 septembre 2009

La souillure du silence


J’ai tué mon amour de mon silence.
Mon amour a hurlé. Lui.
Le silence rompu. La souillure nommée.
Reconnue.

Pensée comme à panser.
Pensée comme à être écoutée.
Pensée comme à être sortie du silence. Les larmes.

Du silence rompu. De la violence du cri.
De l’eau. De l’alcool.
Ta voix violente répondant à la violence
De mon silence. Silence même insu de moi.
Le silence sale éclaboussé de ta voix ivre.
La souillure. En plein cœur.
Là.

Juste entre nous.
Entre un fauteuil et un canapé séparés
D’une table basse. La scission.
La cessation du silence. Par toi.
Ton cri. Mes larmes.

Et puis… Peut-être…
La fin du silence. L’écho.
Plus de fusion. Ni confusion.
Deux voix. Deux toi.
De toi. Toi.

Et puis… Plus rien.


La mácula del silencio

Maté a mi amor por mi silencio.
Mi amor aulló. El.
El silencio roto. La mácula nombrada.
Reconocida.

Pensamiento como para cuidar.
Pensamiento como para ser escuchado.
Pensamiento como para ser sacado del silencio. Las lágrimas.

Del silencio roto. De la violencia del grito.
Del agua. Del alcohol.
Tu voz violenta contestando a la violencia
De mi silencio. Silencio incluso sin saberlo yo.
El silencio sucio salpicado por tu voz ebria.
La mácula. En pleno corazón.
Acá.

Justo entre nosotros.
Entre un sillón y un sofá separados
Por una mesita. La escisión.
La cesación del silencio. Por vos.
Tu grito. Mis lágrimas.

Y entonces… Tal vez…
El fin del silencio. El eco.
No más fusión. Ni confusión.
Dos voces. Dos vos.
De vos. Vos.

Y entonces… Nada más.

dimanche 6 septembre 2009

O sea


Ha girado el tiempo. De un martes en otro. Con piel más morena. Viento en el cerebro. Sal del agua sobre el cuerpo más fuerte. Un pueblo pateado. Lecturas – Lecturas – Duras. Más y más. Cada vez más. De lo que es para siempre. Igual que Aurélia Steiner. Que no existe. Marina Tsvetaieva. Eso de maestro y niño – Muerto. Renacer de sueño de amor – Atlántico – Oceánico. No tenía que ser selva. Primero no podía ser selva. Océano. Cada uno por su lado. Pero el océano acá. Entre los dos. Juntando a los dos. Océano – O sea nosotros – Que somos agua. Frágiles burbujas de lágrimas de pulpo arrancado al mar. Pero fecundados por el océano. Igual que otra vez en la isla ya. Por casualidad y destiempo entonces. Ahora por sabiduría honda y miedo hondo también. Porque pasó vida. Sus espinas. Que nos hemos rasguñado – Ambos. Cada uno por su lado – Del océano – De la vida. Cada uno. Y tal vez – mañana – juntos. Para lamernos los rasguños. Con saliva renovada. Después del tiempo de los siete años del niño muerto.


Soit nous

Le temps a tourné. D’un mardi à l’autre. La peau plus brune. Le vent dans le cerveau. Le sel de l’eau sur le corps plus fort. Un village trépigné. Des lectures – Des lectures – Duras. De plus en plus. Toujours plus. Comme ce qui est pour toujours. Comme Aurélia Steiner. Qui n’a pas d’existence. Marina Tsvetaieva. Cette chose du maître et de l’enfant – Mort. Renaissance d’un rêve d’amour – Atlantique – Océanique. Ca ne devait pas être la forêt. Au début ça ne pouvait pas être la forêt. Océan – Soit nous – Qui sommes eau. Fragiles bulles de larmes de poulpe arraché à la mer. Mais fécondés par l’océan. Comme cette autre fois sur l’île déjà. Par hasard et contretemps alors. Maintenant avec une sagesse plus profonde et une peur plus profonde aussi. Parce que la vie est passée. Ses épines. Qu’on s’est égratigné – Tous les deux. Chacun de son côté – De l’océan – De la vie. Chacun. Et peut-être – demain – ensemble. Pour lécher les égratignures. D’une salive renouvelée. Après le temps des sept ans de l’enfant mort.

dimanche 23 août 2009

La nuit sans fil (II)


― Pourquoi tu dors pas ?
― …
― Tu peux pas faire comme tout le monde ?, à la fin ! Tout le monde dort. C’est pourtant pas compliqué, bordel !
(« Mais tu sais, pour moi, y’a des choses simples, qui n’le sont pas »)
― J’peux pas !
― Comment ça, tu peux pas ?! C’est quoi que tu peux pas ?! Ca existe pas d’pas pouvoir dormir !
― J’peux pas !

Je ne peux pas. Je ne peux pas. Je ne peux pas. Dormir.
Dans la maison, la peur. Au milieu de tous ces gens qui dorment.
Elle est celle qui reste. Celle qui reste à ouvrir les portes. Pour que. Quelqu’un.
Elle essaye d’ouvrir les portes. Elle a peur. Peur.
Et quand trois, quatre fois, elle parcourt la maison pieds nus dans le noir, à la recherche de quelqu’un, quelqu’un, quelqu’un qu’on ne peut pas trouver, personne, il n’y a jamais personne, quelqu’un qui n’existe pas ; quand elle comprend qu’il n’y a que sa robe noire à pouvoir se poser sur elle, à jamais, et comme toujours, là, dans ce va et vient des ténèbres où le sens se perd, où les sens se perdent, là, elle a peur, encore. J’ai peur. Elle a peur. Parce qu’elle comprend qu’elle n’est pas aveugle. Que c’est juste qu’il n’y a rien à voir. Parce que c’est la nuit. Et qu’il n’y a personne. La nuit il n’y a jamais personne.
Tandis que le jour, il y a, l’ombre. Et ça fait qu’on est un peu moins seul.

Aujourd’hui Duras l’a redit : « Ecrire c’est prendre sa revanche sur le mépris ». Mépris, écris, crie. Ne crie pas. Ne dis pas. Ne bouge pas. Ne pleure pas. Disparaît. Va-t-en. Laisse-moi. Laisse-nous. Laisse – Le monde – En paix. Emporte tes insomnies un peu plus loin. Là où on ne t’entendra pas. Là où tu ne nous feras pas peur en ouvrant les portes de notre sommeil.
Aurélia. Tu te souviens. C’est pour ça qu’elle aussi ? Aurélia Steiner. Nerval.
On ne sera pas Nerval. Plus personne ne sera Nerval. Jamais. Et c’est tant mieux. Accepte. Tu le sais toi-même. Depuis ton baptême innocent. Tu es l’exclue. L’exclue du sommeil. La drogue. Toute ta vie il te faudra la drogue. Pour atteindre – pas – ces portes qui font frémir d’angoisse. Toute ta vie tu seras, comme lui, comme elle, cette folle de la nuit sans sommeil, de la nuit qui n’en finit pas, jamais, de la nuit qui trouble le jour, jusqu’à, l’aube.

Préparer les corps étrangers au sommeil, et penser pouvoir y être emportée. Penser que ces corps pourraient contaminer le tien –de leur sommeil. Mais les corps sont ailleurs, autonomes. Les corps dorment. Et tu restes. Tu restes à errer dans la nuit de ceux à qui tu as – aussi – donné ton sommeil. Et c’est pour ça que les jours sont troubles. Parce que le rêve que la nuit n’a pas donné glisse, fourvoie, dans les yeux grands ouverts face à l’excès de lumière. Et les jours se perdent, comme ça, aussi, comme les nuits, dans une absence de sommeil contaminée par le rêve qui a glissé. Le rêve qui ne saurait être.

Alors va. Marche dans la lumière.
Et si tu titubes, si tu titubes du rêve, arrête. Stop.
Arrête l’imaginaire du rêve, sors de l’illusion à contretemps et contrecoup. Danse.
Danse ce que tu titubes. Ce que tu ne peux rêver la nuit. Danse.
Sois ce funambule, cette seule façon de donner corps à ton erreur. Le vide.
Sur le fil – L’absence infinie – D’amour



La noche sin hilo (II)

― ¿Por qué no te dormís?
― …
― ¿No podés hacer igual que la gente?, así de sencillo. Toda la gente duerme. No es tan complicado, ¡carajo!
(«Mas sabés, para mí, hay cosas sencillas, que no lo son»)
― ¡No puedo!
― ¿Cómo que no podés? ¿Que es eso que no podés? ¡No existe eso de no poder dormir!
― ¡No puedo!

No puedo. No puedo. No puedo. Dormir.
En la casa, el miedo. En medio de toda esta gente dormida, el miedo.
Ella es la que se queda. La que se queda a abrir puertas. Para que. Alguien.
Intenta abrir las puertas. Con miedo. Miedo.
Y cuando tres, cuatro veces, recorre la casa descalza en la oscuridad, buscando a alguien, alguien, alguien que no se puede encontrar, nadie, no hay nunca nadie, alguien que no existe; cuando se entera de que no hay más que su vestido negro para posarse sobre ella, para siempre, igual que siempre, ahí, en este vaivén de las tinieblas donde el sentido se pierde, donde los sentidos se pierden, ahí, tiene miedo, otra vez. Tengo miedo. Tiene miedo. Porque entiende que no está ciega. Que sólo es que no hay nada que ver. Porque es de noche. Y que no hay nadie. De noche nunca está nadie.
Mientras que de día, hay, la sombra. Y eso hace que se está un poco menos solo.

Hoy Duras lo volvió a repetir: «Escribir es tomar su revancha sobre el desprecio». Desprecio, sin precio, escribí, gritá. No grités. No digás. No te movás. No llorés. Desaparecé. Dejame. Dejanos. Dejá – El mundo – En paz. Llevate tus insomnios un poco más lejos. Donde no se te oirá. Donde no nos infundirás miedo abriendo las puertas de nuestro sueño.
Aurélia. Acordate. ¿Por eso ella también? Aurélia Steiner. Nerval.
No seremos Nerval. Nadie más será Nerval. Nunca. Y mejor. Aceptá. Ya lo sabés vos misma. Desde tu bautizo inocente. Sos la excluida. La excluida del sueño. La droga. Toda tu vida necesitarás de la droga. Para alcanzar – no – esas puertas que hacen estremecerse de angustia. Toda tu vida serás, igual que él, igual que ella, esa loca de la noche sin sueño, de la noche que no termina, nunca, de la noche que enturbia el día, hasta, el alba.

Preparar los cuerpos ajenos al sueño, y pensar poder ser llevada ahí. Pensar que estos cuerpos podrían contaminar el tuyo, con su sueño. Mas los cuerpos están en otra parte, autónomos. Los cuerpos duermen. Y te quedás. Te quedás a errar en la noche de esos a quienes diste – también – tu sueño. Y por eso están turbios los días. Porque el sueño que no dio la noche resbala, engaña, en los ojos demasiado abiertos frente al exceso de luz. Y se pierden los días, así, también, igual que las noches, en una ausencia de sueño contaminada por el sueño que ha resbalado. El sueño que no supiera ser.

Entonces andá. Caminá en la luz.
Y si titubeás, si titubeás del sueño, pará. Stop.
Pará lo imaginario del sueño, salí de la ilusión a contratiempo y contragolpe. Bailá.
Bailá lo que titubeás. Lo que no podés soñar de noche. Bailá.
Sé ese funámbulo, esa única manera de darle cuerpo a tu error. El vacío.
Sobre el hilo – La ausencia infinita – De amor

samedi 8 août 2009

La nuit sans fil (I)


C’est encore une mort. La contrebasse n’était qu’un autre cercueil. Celui de l’été qui aurait pu, enfin, commencer. Celui du post partum annoncé. Un beau bateau que cette contrebasse. Mais pas de ceux qui volent. Un bateau comme on mène. Une attention évidemment venue de l’imaginaire évanoui. Une fois de plus. Le réel bien absent. Tout à son habitude. Le mage imaginaire disant la beauté de l’absence. Absence. La contrebasse là, que pour montrer l’absence. Et le bateau, qui mène. Nulle part. Comme toujours. Sauf à courir la nuit dans le noir. De pièce en pièce dans la maison hantée. A réveiller monstres et sorcières. A trahir le sommeil des bienheureux qui le connaissent. Courir dans le noir de pièce en pièce à la recherche… Absence. A la recherche de l’absence il n’y a jamais personne. Chut. Personne pour allumer la lumière qui épargnerait la chute. Le fracas dans l’escalier des portent qui claquent pour dire. Non. Intruse. Tu es l’intruse. A peine tolérée. Ici, dans cette nuit où tous on préféré les bras du sommeil, pour que tu puisses mieux, te souvenir, reconnaître, ton indépassable solitude, tu n’es, qu’à peine, tolérée. Souviens-toi. Toujours. Et cette nuit encore. Tu nous déranges. Pourquoi ? Pourquoi tu ne dors pas ? Seule. Je ne peux pas. Jamais. J’ai peur. Dans le noir encore plus. Et parce que je me suis fait mal en me cassant le nez sur vos portes endormies. Et parce que je suis tombée dans l’escalier. Sans bruit. Une fois de plus. Cette fois. Comme quand j’étais petite. Comme quand j’étais petite et que les cauchemars me réveillaient. Et que j’avais peur dans le noir. Et qu’il y avait l’escalier. Et en bas, l’enfer de la route nationale. La mort. Le monument aux morts, de l’autre côté. Et que je tombais. Et que, surtout, pas de larmes, silence, on dort. Et que, surtout, pas de bruit, on ne veut pas savoir, pas de manifestation d’existence ni de douleur ni d’absence ni de perte. La solitude ou le hurlement de la mère. La solitude. Oui. Toujours. Depuis toujours. Et pour toujours. Cette nuit, aussi. Et à quatre ans, déjà. Même si on a peur, parce qu’il fait noir, et qu’on est encore tombée dans l’escalier. Et qu’en bas, oui, non, la contrebasse est partie en fumée, le rêve évanoui, quand, oui, c’est bien l’heure pour les enfants, le cercueil apparaît.

(Salomé, Buenos Aires, avril 2007)

La noche sin hilo (I)

Y es otra muerte. El contrabajo no era más que otro ataúd. El del verano que hubiera podido, por fin, empezar. El del post parto anunciado. Hermoso barco que este contrabajo. Pero no de los que vuelan. Un barco de los que te llevan por las narices. Una atención evidentemente venida del imaginario desvanecido. Una vez más. Lo real bien ausente. Muy a su costumbre. El mago imaginario diciendo la hermosura de lo ausente. Ausencia. El contrabajo no está más que para mostrar la ausencia. Y el barco, que lleva. A ninguna parte. Como siempre. Salvo a correr de noche en la oscuridad. De pieza en pieza en la casa de los fantasmas. A despertar monstruos y brujas. A traicionar el sueño de los bien felices que lo conocen. Correr de pieza en pieza en búsqueda de… Ausencia. En la búsqueda de la ausencia nunca está nadie. Chito. Nadie para prender la luz que ahorrara la caída. El estruendo en la escalera de las puertas que golpean para decir. No. Intrusa. Sos la intrusa. A penas tolerada. Acá, en esta noche en que todos han preferido los brazos del sueño, para que podás mejor, acordarte, reconocer, tu soledad insuperable, no estás más que tolerada. Acordate. Siempre. Y esta noche de nuevo. Estás molestando. ¿Por qué? ¿Por qué no estás durmiendo? Sola. No puedo. Nunca. Tengo miedo. En la oscuridad aún más. Y porque me hice daño al romperme las narices en sus puertas dormidas. Y porque me caí en la escalera. Sin ruido. Una vez más. Esta vez. Como cuando niña. Como cuando era niña y las pesadillas me despertaban. Y tenía miedo, en la oscuridad. Y estaba la escalera. Y abajo, el infierno de la carretera nacional. La muerte. El monumento para los muertos, del otro lado. Y me caía. Y, sobre todo, ni una lágrima, silencio, se está durmiendo. Y, sobre todo, ningún ruido, no queremos saber, ninguna manifestación de existencia ni de dolor ni de ausencia ni de pérdida. La soledad o el aullido de la madre. La soledad. Sí. Siempre. Desde siempre. Y para siempre. Esta noche, también. Y a los cuatro años, ya. Igual si una tiene miedo porque es la oscuridad, y que se ha caído otra vez en la escalera. Y que abajo, sí, no, el contrabajo se escapó en humo, el sueño desvanecido, cuando, sí, bien es hora para los niños, aparece el ataúd.

vendredi 24 juillet 2009

Yann Karaquillo écrit



Yann Karaquillo écrit –chante
Etre –chair

Seule
Au milieu de la musique
Sa voix
Les yeux à l’abri
Son être
Là


Yann Karaquillo écrit :


« J’aurais voulu faire autrement, j’aurais pas pu faire taire mon sang »

« Le cœur a bien du mal à l’heure des changements d’heure
Les nerfs seront usés à force que d’être tendus »

« Pour provoquer un rire je tabassais l’espoir »

« Sans qu’on se lasse de nos laisses
Nous eûmes écho de guerres anciennes dans nos étreintes
Poursuivant la recherche du vent des plaines »

« Tu étais dans mon ventre et tu hurlais mon cœur
Comme tout ensanglantée »

« J’ai pris un piano à tronche
Sur ma queue »

« Ou celle faisant d’un souvenir une certitude de renaissance »

« Les fusillés de l’âme se jettent des regards »

« S’il n’y avait tant de crabes, on pourrait croire à la lune »

© Yann Karaquillo
www.myspace.com/marylin39sdressingroom


* *
*

Et tout cela n’a rien à voir

Il y a
L’amour
Ne sachant se soumettre
A raison
Confusion
Seulement
De l’absolu nécessaire
Inconditionnel
A tout
Survivant

L’autre
Le fluide
La vie
Encore lui

Ce soir encore
En scène encore

Scène qui ici aurait pu rester du double
Scène qui dompte le double

Ici
Sublime
Toujours comme
Déjà comme
Demain comme
Ce genou cabossé
Géni hors du temps
De l’espace
Viscéral

Viscères

Un homme sert ses viscères de bière
Pour ne dire que
L’indicible humain
Transcendant –absent
Nécessité



Yann Karaquillo escribe

Yann Karaquillo escribe –canta
Ser –carne

Sola
En medio de la música
Su voz
Los ojos a escondidas
Su ser
Acá

Yann Karaquillo escribe :


« Hubiera querido hacer de otra manera, no hubiera podido hacer que se callara mi sangre »

« Al corazón le duele mucho en la hora de los cambios de hora
Los nervios se desgastarán a fuerza de estar tiesos »

« Para provocar una risa le pegaba a la esperanza »

« Sin que nos cansemos de nuestras cadenas
Tuvimos eco de guerras antiguas en nuestros abrazos
Persiguiendo la búsquela del viento de los llanos »

« Estabas en mi panza y aullabas corazón
Como toda ensangrentada »

« Me tomé un piano de cabeza
En la cola »

« O la que hacía de un recuerdo la certeza de un renacimiento »

« Los fusilados del alma se echan miradas »

« Si no hubiera tantos cangrejos se podría creer en la luna »

© Yann Karaquillo
www.myspace.com/marylin39sdressingroom


* * *

Todo esto no tiene nada que ver

Está
El amor
Sin saber someterse
A razón
Confusión
Solamente
De lo absoluto necesario
Incondicional
A todo
Sobreviviente

El otro
El fluido
La vida
Todavía él

Esta noche todavía
En el escenario todavía

Escenario que hubiera podido quedar acá del doble
Escenario en que supera al doble

Acá
Sublime
Siempre como
Ya como
Mañana como
Esta rodilla estropeada
Genio fuera del tiempo
Del espacio
Visceral

Vísceras

Un hombre sirve sus vísceras de cerveza
Para decir no más que
Lo indecible humano
Trascendente –ausente
Necesidad

dimanche 12 juillet 2009

Deux contrebasses


Une nuit échappée. D’elle-même échappée. Débordant. Se dérobant à la pensée. Une nuit où l’ivresse n’est pas la même. Une facilité. Une échappée au présage du mage de l’imaginaire. Une présence. Per-sistante. Inattendue. Une séparation inavérée. Echouée. Séparation échouée. Retour. Au son primitif du tango. Du tango d’avant tout. Le premier tango. Piazzolla mêlé d’Almodovar. Deux contrebasses. L’une debout, nue. L’autre bien vêtue, par terre. Qui est nu ? A terre ? Per-sonne. Ne le sait. Et au-delà, cette chose qui flotte. Un bateau. Voya-ge. Dans les pages d’un autre livre. A ouvrir peut-être. Sous une couette orangée, dans la pénombre de l’aube naissante, dans la musique du chant, dehors, des oiseaux de Paris. Survivants. Tout en haut, des hauteurs, de la ville, évanescente, à cet endroit, à cette heure, inadvenue, advenant. Quelle contrebasse sous quel archet ? La vieille dort, dans sa robe noire. L’autre, bien jeune, bien fauve, exhibe. Son impudeur. Quelle contrebasse ? Dans ce livre d’orange. D’odeur aimante. Quelle fibre de quel archet sur quelle corde de quel instru-ment ? Les corps cherchent. Dans l’orange. Autre fluide. Précolom-bien avant que méditerranéen. Animisme. Sanguin. Le sang de l’oran-ge n’est ni rouge ni orange. Une note. Etouffée. Grave. Essoufflée. A bout de souffle. La course du piano dans la contrebasse dédoublée. Celle du cœur de l’oiseau de l’aube. Celle de quand tu t’endors.




Dos contrabajos

Una noche escapada. De sí misma escapada. Desbordando. Arran-cándose al pensamiento. Una noche en que la embriaguez no es la misma. Una facilidad. Una escapada al presagio del mago de lo ima-ginario. Una presencia. Persistente. Inesperada. Una separación inad-venida. Naufragada. Separación naufragada. Vuelta. Al sonido primitivo del tango. Del tango de antes que todo. El primer tango. Piazzolla mezclado con Almodóvar. Dos contrabajos. Uno de pie, desnudo. El otro bien abrigado, en el piso. ¿Quién está desnudo? ¿Quién en el piso? Nadie. Lo sabe. Y más allá, esta cosa flotando. Un barco. Viaje. Entre las páginas de otro libro. Que abrir tal vez. Debajo de una colcha anaranjada, en la penumbra del alba naciente, en la música del canto, afuera, de los pájaros de París. Sobrevivientes. En lo alto del todo, de las alturas, de la ciudad, evanescente, en este lugar, en esta hora, inadvenida, adviniendo. ¿Qué contrabajo debajo de qué arco? La vieja está durmiendo, en su vestido negro. La otra, bien joven, bien fiera, exhibe. Su impudor. ¿Qué contrabajo? En este libro de naranja. De olor amando. ¿Qué fibra de qué arco sobre qué cuerda de qué instru-mento? Los cuerpos buscan. Dentro de lo naranja. Otro fluido. Preco-lombino antes que mediterráneo. Animismo. Sanguíneo. La sangre de la naranja no es ni roja ni naranja. Una nota. Ahogada. Grave. Sin aliento. A bout de souffle. La carrera del piano en el contrabajo desdo-blado. La del corazón del pájaro del alba. La de cuando te dormís.

jeudi 25 juin 2009

Armisticio


Hay un brazo. Y no se sabe por qué. Ni si es que sobra ni si es que es preciso. Para… Levantar la marea o nadar hasta el final del agua que lo está toqueteando o bailando. Y ese brazo lo es todo. Pareciera la esencia. La esencia de lo que no se sabe, y que tal vez, mañana, cuando llegués, aparezca. Un brazo esculpiendo la piel de un cuerpo en la cama de más sábanas habitadas por la presencia. Que ¿qué cuerpo? Da igual. Es el cuerpo de las sábanas. El cuerpo que ama los olores a selva amazónica y a bichos espantosos. ¿Qué sería un brazo si no fuera tocar la guitarra en una noche de armisticio, de guerra suspendida? 8 de mayo. En castellano no significa nada. Pero por ahora, se estaba francés. El brazo, no más.



(Photo Georges Paramon)

Armistice

Il y a un bras. On ne sait pas pourquoi. Ni si il est en trop ni si il est indispensable. Pour… Soulever la marée ou nager jusqu’au bout de l’eau qui le touche ou le danse. Et ce bras est tout. Ce serait l’essence. L’essence de ce qu’on ne sait pas, qui peut-être, demain, quand tu viendras, apparaitra. Un bras sculptant la peau d’un corps dans le lit d’encore plus de draps habités par la présence. Quel corps ?, dis-tu. Peu importe. C’est le corps des draps. Le corps qui aime les odeurs de forêt amazonienne et de bêtes effrayantes. Ce que serait un bras si ce n'était jouer de la guitare une nuit d’armistice, de guerre suspendue ? 8 mai. En espagnol ça ne veut rien dire. Mais pour l’heure, on était français. Le bras, pas plus.

jeudi 11 juin 2009

La orfandad del nacer


La fluorescencia de la carne blanca en el agua transparente de profundidad azul seguro.
El cuerpo bailando su totalidad en el cojín infinito regalado por la madre tierra.
La vuelta al origen adentro del líquido perenne brindado al recién nacido.
El robo de la tierra a la madre.
El regalo de la tierra a la orfandad del nacer.





L’orphelinat du naître

La fluorescence de la chair blanche dans l’eau de profondeur bleu certain.
Le corps dansant sa totalité dans le coussin infini offert par la terre mère.
Le retour à l’origine dans le liquide pérenne trinqué au nouveau né.
Le vol de la terre à la mère.
Le cadeau de la terre à l’orphelinat du naître.


jeudi 4 juin 2009

L'homme du métro


Le métro parisien. Un dimanche après-midi en quête d’une infime partie de tout ce qui a malencontreusement été remis au vent. Le métro. Récupérer le premier volume de L’homme sans qualités. Sans jeu de mots. Ca ne s’invente pas. C’est comme ça. Et aussi, deux disques de Piazzolla, oubliés. Parce qu'on oublie ce qu’on prête du cœur. Toujours.
Vile destination ou vil passé donnant à tout va. Tout. Au premier venu comme à celui attendu depuis toujours.
Le métro parisien. Un dimanche après-midi. La porte s’ouvre. Il entre et prend tout l’espace, la parole. Une parole claire. Brillante d’intelligence. Un ton de voix. Elle lève les yeux. Le regarde. Dans ce visage le syncrétisme de tout un passé. Le sien, aussi. Personnes aimées et disparues.
Parce que d’abord elle pense que c'est un tox, comme celui qui doit lui rendre, aujourd’hui précisément, L’homme sans qualités, partenaire de tango, illusoire, inhumain aussi, amant ; parce que d’abord il lui rappelle celui-ci, elle pense ne rien lui donner. Aujourd’hui elle se déplace pour récupérer ses erreurs, ses illusions offertes.
Et en même temps, sous la casquette, les yeux qui peinent à rester entrouverts. Des yeux aux cils blancs. Une barbe de quelques jours. Blanche, aussi. Les cheveux ras sous la casquette. Blancs, aussi. Blanc. Non qu’il s’agisse d’un vieil homme. Albinos. Albinos, oui. Ou tox, peut-être. Albinos. Quelqu’un d’autre. Celle que la vie avait donnée en cadeau. Celle qui s’était montrée mère. Idéal de clairvoyance. Générosité. Rire. Celle du possible. Albinos, cette femme de lumière. Dans cet homme entré dans ce wagon, cette femme. Aimée. Disparue.
Cet homme du métro, peut-être un tox, dit l’impossible de sa vie. Deux impossibles. Le même. L’amour d’un homme et l’amour d’une mère. Un père temporairement heureux.
Et dans ce que dit cet homme du métro, dans sa voix, loin de la projection des autres visages, encore, cette autre reconnaissance : « A cause de la maladie j’ai perdu mon travail. ». Est-ce que c’est vrai ? Peu importe. Pour elle c’est vrai. Et quand elle cherche quelques pièces pour lui, elle se les donne aussi bien sûr. A cause de la maladie elle a perdu son travail, son salaire. Son « traitement », disent-ils, dans le jargon. A cause de sa vie sa vie s’est brisée. Dissoute.
Alors pour cet homme du métro, peut-être un tox, un séro-po, pour l’intelligence de sa parole et la luminosité de sa voix, pour toute sa vie, la vie, la sienne, elle donne quelques pièces. Elle donne le peu de nécessité de vie qui lui reste.



El hombre del subte

El subte parisino. Un domingo a la tarde en búsqueda de una ínfima parte de todo lo que se entregó sin cuidado al viento. El subte. Recuperar el primer volumen de El hombre sin cualidades. Sin juego de palabras. Eso no se inventa. Es así. Y también dos discos de Piazzolla, olvidados. Que se olvida lo que se presta del corazón. Siempre.
Vil destino o vil pasado que daba a la nada. Todo. Al primero que pasa como al que se esperó desde siempre.
El subte parisino. Un domingo a la tarde. Se abre la puerta. Entra y toma todo el espacio, la palabra. Una palabra clara. Brillante de inteligencia. Un tono de voz. Levanta los ojos ella. Lo mira. En esa cara, el sincretismo de todo un pasado. El suyo, también. Gentes amadas y desaparecidas.
Porque primero piensa que es adicto, como el que le tiene que devolver, hoy precisamente, El hombre sin cualidades, pareja de tango, irrisoria, inhumana también, amante; porque primero le recuerda a este, piensa no darle nada. Hoy se desplaza a recuperar sus errores, sus ilusiones regaladas.
Y al mismo tiempo, debajo de la gorra, los ojos que penan a permanecer entreabiertos. Ojos de pestañas blancas. Barba de unos días. Blanca, también. El pelo raso debajo de la gorra. Blanco, también. No que sea hombre mayor. Albino. Albino, sí. O adicto, tal vez. Albino. Alguien más. La que la vida había dado como regalo. La que apareció como madre. Ideal de clarividencia. Generosidad. Risa. La de lo posible. Albina, esta mujer de luz. Dentro de este hombre entrado al vagón, esta mujer. Amada. Desaparecida.
Este hombre del subte, adicto tal vez, dice lo imposible de su vida. Dos imposibles. El mismo. El amor de un hombre y el amor de una madre. Un padre momentáneamente feliz.
Y dentro de lo que dice este hombre del subte, dentro de su voz, lejos de la proyección de las otras caras, otra vez, el reconocimiento: «Por culpa de la enfermedad perdí mi trabajo.». ¿Que si es cierto? Da igual. Para ella es cierto. Y cuando busca algunas monedas para él, se las da también claro. Por culpa de la enfermedad perdió su trabajo, su saldo. Su «tratamiento», dicen, en la jerga. Por culpa de su vida se quebró su vida. Disuelta.
Entonces para este hombre del subte, adicto tal vez, sero-po, para la inteligencia de su palabra y la luminosidad de su voz, para toda su vida, la vida, la suya, le da algunas monedas. Le da el poco de necesidad de vida que le queda.

mercredi 27 mai 2009

El velo del odio


Esta isla no es isla. Celda.
Sólo en el más allá de las rejas del odio se adivina el mar celeste.
Sólo contestando al odio con odio se consigue paz.
Esta isla no es isla. Mentira.
Esto es el gran supermercado del precio del dinero. Acá no se compra más que dinero y dinero.
Ni una sonrisa. Ni una mirada. Ningún encuentro.
El desencanto de la infelicidad paroxística escondida debajo del peso del velo de la mujer. Del sexo reprimido y agresivo.
El velo del sexo débil fomentando la ira y el odio del sexo condenado a las cabras. Del sexo masculino vuelto persecución contra la mujer del blanco.
Esta isla no es isla. Exclusión. Rechazo.
Esta isla fue paraíso, en los tiempos de Ulises. Y en los tiempos del dinero, llegó a ser ese infierno de los bien potentes.
Esta isla rodeada de celeste es lo más carnicería de lo rojo, lo más oscuro de lo negro.
¿Qué hicieron –en medio de tanto azul– con el azul?
¿Cómo pudo el dinero acabar con el azul?

Esta isla fue isla.
Mañana me largo. Fuera del velo del odio.
Mañana el frío de París. Los colores agotados por las calles.
Pero algo más
De aire



(Djerba)


Le voile de la haine

Cette île n’est pas île. Cellule.
Que dans l’au-delà des grilles de la haine, peut se deviner, l’azur de la mer.
Qu’en répondant à la haine par la haine, peut s’obtenir, un peu de paix.
Cette île n’est pas île. Mensonge.
Le grand supermarché du prix de l’argent. Ici on n’achète rien d’autre que de l’argent et de l’argent.
Pas un sourire. Pas un regard. Pas de rencontre.
Le désenchantement du malheur paroxystique caché sous le poids du voile de la femme. Du sexe réprimé et offensif.
Le voile du sexe faible attisant la colère et la haine du sexe condamné aux chèvres. Du sexe masculin fait persécution de la femme du blanc.
Cette île n’est pas île. Exclusion. Rejet.
Cette île a été paradis, aux temps d’Ulysse. Et aux temps de l’argent, enfer des tout puissants.
Cette île entourée d’azur est la plus grande boucherie du rouge, le plus obscure du noir.
Qu’ont-ils fait –au milieu de tout ce bleu– du bleu ?
Comment l’argent a-t-il pu en finir, avec le bleu ?

Cette île a été île.
Demain je pars. Loin du voile de la haine.
Demain le froid de Paris. Les couleurs usées des rues.
Mais un peu plus
D’air


lundi 11 mai 2009

Zamba de mar


Y llegó
Después de la lluvia llegó
El sol

A rozarme la piel
Calentarme el corazón
Vino

En castellano
Como siempre
Y no sé por qué
Siempre tiene que venir en castellano
El sol

Tal vez porque sea lengua ajena
O porque la mía sea igual de gris que París

Y París
Es un poco morir
Haber muerto ya en la historia
Con hache mayúscula
Que fue
Ya fue
Luminosa

Y hoy
No queda más que recuerdo de sueño
De humanidad
Que ya sabemos
Se acabó
Recuerdo de una Historia
Que hubiera podido ser
Como todas las historias
Cuentos
Cuando no tornan
Chinos

La lengua del sol llama la del mar
Y ambas van tirando de mí
Dejandome tonta en la hora de pensar
Otra vez
¿Por qué me quedo anclada en París?

Y ya suena otro tango
El otro lado
De la razón y de la tierra
Lado de corazón y de tierra madre

Música en que pasado mañana
Un jueves será
Se sumerja otro marinero
De ojos azules

Música que mantendrá a distancia
Demasiado miedoso a enfrentar
Los golpes del bandoneón
Con los del corazón propio
Y con razón

Sabiendo ya, tal vez
El vínculo pasional y demente
Entre Buenos Aires y París
El porteño y la francesita

Pero acá, por suerte y necesidad
El mar y el sol, por ahora
Tocando mi fuego y mi agua
Mi tango y mi zamba

Zamba de mar y pañuelo
Zamba que no toca
Sino
Con los ojos del deseo que quema tierno

Tango de sol y sudor, exceso
Tango que abraza fuerte
Igual que
Mata a muerte

No te hundás en el tango
Marinero de ojos azules
Pero aprendé a bailar zamba
Y enseñame

Enseñame tu carne tierna
De zamba recluida
Y bailada ya
En tu mirar de pañuelo




Zamba de mer

Et il est venu
Après la pluie il est venu
Le soleil

Pour caresser cette peau
Réchauffer ce cœur
Venu

En espagnol
Comme toujours
Je ne sais pas pourquoi
C’est toujours en espagnol que vient
Le soleil

Peut-être parce que c’est une langue autre
Ou que la mienne est aussi grise que Paris

Et Paris
C’est un peu mourir
Etre déjà mort dans l’histoire
Avec un hache majuscule
Qui a été
A été
Lumineuse

Et aujourd’hui
Ne reste que le souvenir d’un rêve
D’humanité
Et on sait bien
Que c’est fini
Un souvenir d’Histoire
Qui aurait pu être
Comme toutes les histoires
Les contes
Quand ils ne sont pas
A dormir debout

La langue du soleil appelle celle de la mer
Et toutes deux me happent
Et me laissent hébétée à l’heure de me demander
Une fois de plus
Pourquoi rester amarrée à Paris ? -Anclado en París

Et c’est encore un autre tango
L’autre côté -Del otro lado
De la raison et de la terre
Celui du cœur et de la terre mère

Musique où après-demain
Ce sera un jeudi
Un autre marin plongera
Les yeux bleus

Musique qu’il gardera à distance
Trop craintif de confronter
Les battements du bandonéon
A ceux de son propre cœur
Et il aura raison

Sachant déjà, peut-être
Le lien passionnel et dément
Entre Buenos Aires et Paris
Le porteño et la francesita

Mais ici, par chance et nécessité
La mer et le soleil, pour l’instant
Touchant mon feu et mon eau
Mon tango et ma zamba

Zamba de mer et de mouchoir
Zamba qui ne touche pas
Ou juste
Avec les yeux du désir qui brule doux

Tango de soleil et de sueur, excès
Tango qui embrasse fort
Tout comme
Tue la mort

Ne t’enlise pas dans le tango
Marin aux yeux bleus
Mais apprends à danser la zamba
Et apprends-moi

Apprends-moi ta chair tendre
De zamba recluse
Et déjà dansée
Dans ton regard de mouchoir